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SCHLINGUER, verbe intrans.
Arg., pop. Puer. Des bistroquets (...) où l'on débitait un alcool frelaté, des cantines où l'on servait de la barbaque, du chien crevé qui schlinguait (Cendrars,Homme foudr., 1945, p. 297).
En partic. Avoir une haleine fétide. Les enfants, il faut dormir, mes jeunes humains. C'est très mauvais de ne pas dormir. Ça vous fait schlinguer du couloir, ou, comme on dit dans le grand monde, puer de la gueule (Hugo,Misér., t. 2, 1862, p. 168).
Prononc. et Orth.: [ʃlε ̃ge], (il) schlingue [ʃlε ̃:g]. Rob. 1985: ,,On écrit aussi chelinguer, chlinguer``. Étymol. et Hist. 1. 1846 schelinguer « sentir mauvais (de la bouche) » (L'Intérieur des prisons ds Sain. Sources Arg. t. 2, p. 174); 2. 1868 intrans. « sentir très mauvais » (Flaub., Corresp., p. 362). Orig. obsc. D'apr. le FEW t. 17, p. 43a, empr. à l'all. schlingen « avaler », d'où, par un contresens volontaire, « exhaler (une odeur) »; dans ses premiers ex., ch(e)linguer, sch(e)linguer a en effet le sens de « sentir mauvais (de la bouche) », mais cette évol. sém. reste difficile à admettre. D'apr. Esn., empr. à l'all. schlagen « frapper », « fouetter (en parlant de la pluie) », « repousser (en parlant du fusil) », d'où « sentir mauvais » (de même que cingler, cogner, fouetter, taper signifient « sentir mauvais » dans la lang. fam. ou arg., v. Esn.), mais le passage [a] > [ε ̃] fait difficulté. D'apr. Guir. Lex. fr. Étymol. obsc., dér. de élingue* « cordage, filin », d'où « fouetter » (littéral. « frapper avec une élingue »), puis « sentir mauvais »; de même élinguer « lancer (avec une fronde) », d'où « lancer, repousser au loin » suggérerait l'arg. repousser (du goulot) « sentir mauvais (de la bouche) », mais ces hyp. supposent des sens intermédiaires non att. (notamment élinguer « fouetter » et « sentir mauvais »). Bbg. Colomb. 1952/53, p. 486-487.