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SBIRE, subst. masc.
A. − Au Moyen Âge et à la Renaissance, agent de police italien (v. barigel). L'obscurité permet à Ascanio d'emmener Tererasa, tandis que Cellini s'enfuit et que les sbires arrêtent Fieramosca (Dumesnil, Hist. théâtre lyr., 1954, p. 132).L'activité indiscrète des sbires exaspérait tout le monde, comme dans le reste de l'Italie (Lefebvre, Révol. fr., 1963, p. 333).
B. − P. ext., usuel, péj. Homme de main au service d'un particulier ou d'un pouvoir oppressif, qui exerce des violences ou accomplit de basses besognes. Synon. homme de main (v. homme II B 4), nervi.On verra l'espionnage et la délation, ces éternelles ressources de la force, quand elle a créé des devoirs et des délits factices, encouragés et récompensés; des sbires lâchés, comme des dogues féroces, dans les cités et dans les campagnes, pour poursuivre et pour enchaîner des fugitifs, innocents aux yeux de la morale et de la nature (Constant, Esprit conquête, 1813, p. 160).
Prononc. et Orth.: [zbi:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1. 1552 « archer de police » (Rabelais, Tiers Livre, chap. 20, éd. M. A. Screech, p. 146, 31: mon algousan, mon sbire, mon barisel); 2. 1740-55 p. ext. « homme chargé de l'exécution des sentences judiciaires et des mesures de police » (Saint-Simon, Mém., éd. A. de Boilisle, t. 7, p. 350); 3. 1795 « homme de main, tueur à gages » (Beaumarchais, Mariage de Figaro, préf., éd. P. Gaillard, p. 45: cette allure oblique et torse avec laquelle un sbire qui n'a pas l'air de vous regarder vous donne du stylet au flanc). Empr. à l'ital.sbirro, att. au sens 1 dep. 1518-25 (Firenzuola ds Tomm.-Bell.), dér. de birro, même sens, dep. xives., du lat. birrus, burrus « rougeâtre » (ds Du Cange et OLD; du gr. π υ ρ ρ ο ́ ς « id. »), prob. à cause de la couleur de l'uniforme de ces archers (v. DEI et Prati, s.v. birro). Fréq. abs. littér.: 74. Bbg. Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 548. − Hope 1971, p. 221.