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RÉSIPISCENCE, subst. fém.
RELIG. ou littér. Reconnaissance de sa faute, avec la volonté de s'amender. Synon. regret, repentir.[Le] livre de Jonas, qui fait voir la grâce divine octroyée, moyennant leur résipiscence, même aux plus méchants des hommes (Weill,Judaïsme,1931, p. 112).Le Gouvernement britannique persiste à espérer de tout ou partie du Gouvernement de Vichy des actes de résipiscence (De Gaulle,Mém. guerre,1954, p. 309).
Loc. verb. Amener qqn à résipiscence. Synon. de faire se repentir*.Danton (...) se fit fort d'amener le général à résipiscence (Lefebvre,Révol. fr.,1963, p. 346).Venir à résipiscence. Synon. de se repentir.Zola, comprenant qu'il a été un peu énorme, vient à résipiscence, veut bien lui accorder [à Réjane] (...) des qualités particulières (Goncourt,Journal,1890, p. 1258).
REM.
Résipiscent, -ente, subst.,rare. Personne qui vient à résipiscence. On n'use de mesures de rigueur (...), que si les escapades se répètent et se prolongent: les résipiscents retrouvent leur place, et on se garde de donner trop facilement raison aux maîtres (Faral,Vie temps st Louis,1942, p. 70).
Prononc. et Orth.: [ʀesipisɑ ̃:s]. Fér. 1768, Fér. Crit. t. 3 1788, Land. 1834, Gattel 1841, Nod. 1844, Littré, DG [-zi-]. Besch. 1845, Barbeau-Rodhe 1930, Pt Rob., Warn. 1968, Lar. Lang. fr., [-si-]. Ac. 1694-1740: resipiscence, dep. 1762: ré-. Étymol. et Hist. 1. 1405 « reprise de connaissance après un accès d'aliénation » (Journal de Nicolas de Baye, éd. A. Tuetey, t. 1, p. 137); 2. 1543 [éd.] venir en résipiscence « se repentir » (R. Fame, Lactance Firmian [trad.], VI, f o150 r o). Empr. au lat. ecclés.resipiscentia (att. au ives. chez Lactance), dér. de resipiscere « reprendre ses sens, revenir à soi, se remettre, se repentir », lui-même formé de re- et de sapere « avoir du goût, de l'intelligence, du jugement » (savoir1*). Fréq. abs. littér.: 18.