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ROUVRE, subst. masc.
Chêne moins haut que le chêne commun. Le chemin de Valensole s'en allait à plat sous les amandiers, puis il se cassait sur la pente, il descendait dans la rive du plateau, à travers un bois de rouvres (Giono,Gd troupeau, 1931, p. 62).
En appos. Chêne rouvre (Ac. 1935).
Prononc. et Orth.: [ʀuvʀ]. Ac. 1798: rouvre, robre; 1835, 1878: rouvre, roure; 1935: rouvre. Étymol. et Hist. 1401 Orléanais roures (Cens d'Yevre le Châtel ds La Curne); 1552 rouvre (Est., s.v. robor); 1753 chêne roure (Encyclop. t. 3, p. 287a). Du lat. robur, -oris « rouvre; bois de chêne » fig. « dureté, solidité; force; cœur, noyau », cf. corroborer; roboratif. Le type le plus répandu pour désigner le chêne dans le domaine gallo-rom. est issu du gaul. *cassanus (v. chêne), les dér. de robur ne subsistant, dans la lang. commune, que dans le domaine d'oc (1180, Girart de Roussillon, éd. W. M. Hackett, 9554; 1220-30, Deudes de Pradas, Dels Auzels cassadors, éd. E. Monaci, 2998; cf. dès 1067 le topon. Rora, commune de Roure, Alpes-Maritimes ds Dauzat-Rost. Lieux 1978, p. 565a). Comme, d'autre part, la topon. atteste très largement la présence de robur dans le domaine d'oïl (notamment, corresp. à l'actuel topon. de Rouvre(s): Loiret Rovere 697, Rubrum 870; Côte-d'Or Rovra 902; Meuse Rubrum 973; Aube de Rufro 1101, d'apr. Dauzat-Rost., loc. cit.; v. aussi rouvraie), on peut supposer qu'au haut Moy. Âge, la lang. commune distinguait le quercus sessiliflora [= robur] du quercus pedunculata [= *cassanus], distinction abolie par la suite, FEW t. 10, p. 434a.
DÉR.
Rouvraie, subst. fém.Lieu planté de chênes rouvres. (Dict. xixeet xxes.). [ʀuvʀ ε]. Att. ds Ac. 1935. 1reattest. 1611 (Cotgr.); de rouvre, suff. -aie*. La forme masc. corresp. (-etum) est att. dans le domaine d'oïl − à l'exclusion du domaine d'oc − par les topon. du type Rouvray: 983 Rouvroi (Aisne); 1070 Roveroit (Pas-de-Calais; cf. Loisne, Dict. topogr. Pas-de-Calais, 1907, p. 331b); 1229 Rovroi (Aisne); xiiies. Rovroi (Seine Maritime); cf. viies. Roboretus (Yonne); 1179 Roboretum (Eure-et-Loir); xiies. Rouretum (Meuse), v. Dauzat-Rost. Lieux 1978, p. 565a.
BBG.Mańczak (W.). Fr. « rouvre » est-il d'orig. mérid. R. Ling. rom. 1959, t. 23, pp. 144-152. − Pignon (J.). Fr. mod. 1961, t. 29, pp. 237-238.