× Annonce

Chers usagers du portail lexical du CNRTL,

Après vingt ans de bons et loyaux services, la version actuelle du portail sera prochainement remplacée par une nouvelle version au 1er juillet 2026. Cette nouvelle version apporte une refonte complète de l'interface adaptée à tous les supports (ordinateurs, tablettes, smartphones) et inclut également de nouvelles ressources.

Vous pouvez d'ores et déjà vous familiariser avec la nouvelle version ici : Portail lexical

En vous remerciant,

L'équipe du CNRTL
Police de caractères:

Surligner les objets textuels
Colorer les objets :
 
 
 
 
 
 

Entrez une forme

options d'affichagecatégorie :
* Dans l'article "-AIN3, -AINE,, finales de subst. ou d'adj."
-AIN3, -AINE, finales de subst. ou d'adj.
I.− -ain, finale de substantifs masculins (gén. de l'inanimé), sans unité réelle de signification et d'origines diverses (cf. infra étymol.)
Le subst. désigne ce qui doit se développer :
couvain « amas d'œufs d'abeilles ou d'autres insectes »
levain « pâte de farine fermentée et additionnée de levure; tout ce qui est capable d'exciter, d'aviver »
nourrain « fretin qu'on met dans un étang, un vivier, pour le repeupler »
Le subst. désigne un matériau :
douvain « bois pour faire des douves »
merrain « bois débité en planches destinées surtout à la tonnellerie »; on écrit aussi mairain
Le subst. est un terme de géol. :
ridain « nom donné à certains plis de terrain qui se trouvent au fond de l'eau »
terrain « étendue de terre »
Le subst. désigne une plante :
fusain « 1. arbre ou arbrisseau ornemental. 2. charbon friable fait à partir du bois de fusain dont on se sert pour dessiner »
plantain « plante herbacée très commune dont la semence sert à nourrir les oiseaux captifs »
Rem. La base ne se reconnaît pas dans les subst. :
airain « bronze »
andain « enjambée du faucheur »
rouverain ou rouverin « fer cassant, de couleur rouge »
Cf. aussi les subst. désignant des êtres vivants :
poulain « petit de la jument »
vulcain « vanesse (variété de papillon) de couleur rouge et noire »
II.− -aine, finale de substantifs de l'inanimé (gén. au fém.) :
bedaine, -
bourdaine, -
fontaine, -
fredaine, -
futaine, -
marjolaine, -
migraine, -
misaine, -
mitaine, -
moraine, -
porcelaine, -
poulaine, -
prétentaine, -
rivelaine .-
Cf. cependant, les subst. masc. : chevaine, domaine.
Rem. -aine entre dans la formation de mots à valeur onomatopéique ou dans la formation de séquences où le rad. est répété. -ain commute avec -on après des bases terminées en [d] ou en [t] :
bed-aine / bed-on -
dond-aine / dond-on -
miront-aine / miront-on -
mit-aine / mit-on -
tont-aine / tont-on -
Une termin. -daine ou -taine peut s'accoler à un mot en -on ou en -our :
bedondaine / bedon -
calembourdaine oucalembredaine / calembour -
mirontaine / miron -
Cf. aussi turlutu/turlutaine
III.− -ain, -aine, finale d'adj. :
certain, -
hautain, -
lointain, -
prochain, -
soudain. -
Noter aussi :
hautain subst. masc.variante hautin,« vigne cultivée en hauteur, appuyée sur des arbres ou de grands échalas » (Rob.).
Prononc. : [εn]. Cf. la rem. de Mart. Comment prononce 1913 citée à aine1. − Rem. Fér. 1768 fait une distinction entre, p. ex., chaîne ou haine, et capitaine ou plaine. Dans le 1ercas la voyelle, longue, ,,se prononce comme un ê fort ouvert, dans le second comme un è moyen``.
Étymol. ET HIST. − Les termin. -ain et -aine ont des orig. très variées. 1. -ain a) Venant de termin. lat. -ain < -amen : airain < b. lat. *aramen, issu par assimilation vocalique du b. lat. aĕrāmen (Bl.-W.4) levain < lat. pop. *lĕvāmen « levure » (Dauzat 1964) merrain < lat. pop. *materiamen « bois de construction » (ibid.) -ain < -ago, -aginem : fusain < lat. pop. *fusago, -agĭnĭs, dér. de fusus « fuseau » (Dauzat 1964) plantain < lat. plantagĭnem, acc. de plantago de même racine que planta (ibid.) b) -ain s'explique par des changements de suff. ou confusions graph. dues à l'homophonie -ain/-in (cf. -in*) : nourrain < *nutrimen « action de nourrir »; apparu début xive, sous la forme norrin (Dauzat 1964) poulain < *pullanus < pullinus, ou peut-être de pullamen, d'abord coll. (Nyrop t. 3 1936, § 160); forme pulain début xiie; anc. prov. polin -ain < -ein < -ēnum : terrain < lat. terrēnum, neutre substantivé de l'adj. terrēnus « forme de terre »; au xviie, on écrit aussi terrein (Dauzat 1964) c) Orig. diverses : andain, peut-être sur un rad. and-, comme dans l'ital. andare « marcher »; il existe des formes latinisées andainus, andena (Dauzat 1964) ou < lat. pop. *ambitānus, adj. formé pour qualifier passus « pas », dér. de ambitus (Bl.-W.4) d) Formations fr. en -ain : couvain, sur couver (anciennement couvin); douvain, sur douve; pelain, sur peler; ridain, sur ride 2. -aine a) Le subst. fém. a pour orig. un anc. adj. en -ain disparu : aubaine, fém. de l'adj. aubain (xiie-xviiies.), du frq. *aliban « appartenant à un autre ban »; par le droit d'aubaine, la succession revenant au seigneur, puis au roi; d'où le sens fig. « profit inattendu » (Dauzat 1964) fredaine, fém. de fredain « mauvais »; sans doute du germ. *fra-aidi, « qui a renié son serment » (a. haut all. freidi) (ibid.) poulaine, fém. de l'a. fr. poulain, « polonais » (ibid.) b) Le subst. a pour orig. une termin. lat. -aine < -ana : fontaine < lat. pop. fontana marjolaine, mariolaine (marjolaine étant une faute de lecture); de *marionaine, altéré de l'anc. maiorane, xiiies., par croisement avec Marion, dimin. de Marie; du lat. médiév. maiorana, d'orig. obscure (Dauzat 1964) -aine < -aneum : futaine < lat. médiév. fustaneum, calque du b. gr. xulina lina, c.-à-d. tissu « qui vient d'un arbre » pour désigner le coton (ibid.) -aine < -inium : domaine < lat. dominium « propriété » (Dauzat 1964) Le mot migraine, migraigne < lat. médiév. hemicrania, du gr. hêmikrania « douleur dans la moitié du crâne » (ibid.) est un cas isolé. c) Le subst. est une formation fr. en -aine : bourdaine, 1467, refait sur bourd < lat. burdus « mulet »; initialement, vers 1200, borzaine, orig. obscure (Dauzat 1964) mitaine, de l'a. fr. mite « chatte », à cause de la fourrure, d'orig. onom. (ibid.) tiretaine, prob. de l'a. fr. tiret, dér. de tiré « étoffe de soie » < b. lat. tyrius, « étoffe de Tyr »; le 2eélément est peut-être issu de futaine (ibid.) d) Le subst. en -aine est un emprunt : misaine, migenne, 1382; mizenne fin xve; misaine 1573 d'apr. ital. mezzana; < cat. mitjana, proprement « (voile) moyenne » (ibid.) moraine < savoy. morena « bourrelet de terre en bas de la pente d'un champ »; dér. du prov. mor(r)e « museau » (ibid.) porcelaine < ital. porcellana « coquillage » < porcella « truie », par compar. avec la vulve de la truie (ibid.) rivelaine < d'un rad. néerl. riven, par le wallon (ibid.) 3. -ain, -aine (après adj. ou adv.) : certain < *certanus, adj., sur adv. certe forain < *foranus, adj., sur adv. foris lointain < *longitanus, adj., sur adv. longiter prochain < *propeanus, adj., sur adv. prope « proche » soudain < *subitanus < subitaneus, sur subito, ablatif de subitus souterrain < *subterranus < subterraneus sur subter souverain < *superanus, adj., sur adv. super Rem. 1. Sur le même modèle suzerain est formé sur sus; hautain correspond à l'adv. lat. alte, et l'a. fr. dererain au lat. de retro. 2. Acérain, refait au xxes. sur a. fr. acérin, ne s'est pas imposé. Pour les formations onomatopéiques en -aine, cf. supra II rem.
BBG. − Baldinger 1950, pp. 79-82, 143-151. − Cohen 1946, p. 41, 44, 68. − Darm. 1877, p. 85. − Dub. Dér. 1962, pp. 16-17, 84-85; p. 104. − Lew. 1960, p. 17, 28; pp. 53-55; p. 185, 246, 248. − Wolf 1964.