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ROUSTIR, verbe trans.
Vieilli, arg., pop.
A. − Griller, brûler. Il ne sent plus le soleil qui lui roustit le râble (Martin du G., Vieille Fr., 1933, p. 1056).Roustir comme des rats c'était l'idéal! (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 609).
B. −
1. [Le compl. d'obj. désigne une pers.] Escroquer, dépouiller quelqu'un. Quand le quart te demandera comment tu as rousti la tocante à ta dabe (Virmaitre, Dict. arg. fin-de-s., 1894, p. 29).
Expr. Être rousti. Être dans une situation désespérée. Le mieux qu'on avait découvert (...) c'était de leur jouer la catastrophe... Ça prenait presque à coup sûr... Autrement nous étions roustis (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 460).
2. [Le compl. d'obj. désigne une chose] Perdre, dissiper quelque chose. Ça soupe, ça chante, ça fait la noce en vraie jeunesse (...) Pas la femme à roustir son petit million par moi, paisiblement (A. Daudet, Rois en exil, 1879, p. 255).
REM.
Roustiller, verbe trans.,arg., pop., synon. de roustir.La lumière grésillante finirait bien par leur roustiller la rétine! (Céline, Voyage, 1932, p. 145).
Prononc.: [ʀusti:ʀ], (il) roustit [-sti]. Étymol. et Hist. 1789 « tromper, duper » (Avent. de J. Sharp ds Larchey, Excentr. lang., 1865, p. 290); 1867 « dévaliser, voler » (Delvau). Empr. au prov.roustir « rôtir, griller » puis « tromper » (rôtir*).
DÉR.
Roustissure, subst. fém.a) Arg. du théâtre. Pièce ou rôle sans valeur. [Un comédien à un confrère: Ton talent?] Ça ne t'empêche pas de jouer toujours les utilités, vieille roustissure! (Richepin, Miseloque, 1893, p. 86).b) Pop. Objet de pacotille, marchandise sans valeur. À Clignancourt, c'était une tout autre clientèle... On étalait nos rogatons, rien que des roustissures, les pires, celles qu'étaient planquées à la cave depuis des années (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 122).P. ext. De la roustissure. De la camelote. De la roustissure, ces bêtes-là [les chevaux]. Et il les a payées vingt mille francs (A. Daudet, Nabab, 1877, p. 13).P. métaph. C'est qu'il n'y a plus de pièces parisiennes. Il y a des états d'âme découpés (...) des démangeaisons comiques, et des lots de roustissures dues à une poignée de galopins dépourvus de la moindre brindille de culture (Fargue, Piéton Paris, 1939, p. 175). [ʀustisy:ʀ]. 1resattest. a) 1859 « blague » (P.-J. Martin, Les Bonnes bêtises, p. 210 ds Quem. DDL t. 12), b) 1877 « chose sans valeur » (A. Daudet, loc. cit.); de roustir, suff. -ure*.
BBG.Quem. DDL t. 12 (s.v. roustissure). − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 242.