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RONSARDISER, verbe intrans.
HIST. LITTÉR. Écrire des vers à la manière de Ronsard. Je me souviens que j'aimais À jamais (Pensais-je à seize ans) la gloire, À Thèbes pindariser, Puis oser Ronsardiser sur la Loire (Verlaine, Œuvres posth., t. 1, Parall., nouv. éd., 1896, p. 116).
Rare, empl. trans. Je lui ronsardisais des sonnets (Arène,Veine argile, 1896, p. 96).
En partic. Écrire en mélangeant des mots grecs et latins aux termes français. Tu deviens pédantesque, obscur; tu ronsardises (Pommier,Crâneries, 1842, p. 156).
P. métaph. Cette manie de gréciser et de latiniser notre langue n'est pas nouvelle (...), elle reparut dans Ronsard; Boileau l'attaqua. De nos jours elle a ressuscité par la science; nos révolutionnaires, grands Grecs de leur nature, ont obligé nos marchands et nos paysans à apprendre les hectares, les hectolitres, les kilomètres, les millimètres, les décagrammes: la politique a ronsardisé (Chateaubr.,Mém., t. 1, 1848, p. 185).
REM.
Ronsardisant, -ante, part. prés. en empl. adj. et subst. masc.a) Adj. Qui rappelle le style de Ronsard, sa poésie. Ces grandes machines à la Rubens et à la Tintoret exigent des brosses plus Ronsardisantes que les siennes (Péladan,Décad. esthét., Salon de 1882, 1888, p. 35).Le livre est clos par quelques poèmes en prose (...) qui ont fait école, paraît-il, mais ce n'est pas leur faute − car ils sont vraiment inimitables dans leur beauté mystérieuse et leur français, qui n'a rien de ronsardisant ni d'exotique (Verlaine, Œuvres posth., t. 3, Rimbaud, 1896, p. 176).b) Subst. masc. ,,Celui qui écrit à la manière de Ronsard`` (Lar. Lang. fr.).
Prononc.: [ʀ ɔ ̃saʀdize], (il) ronsardise [di:z]. Étymol. et Hist. Av. 1615 « imiter Ronsard » (Pasquier, Jeux poét., 2epart., 6 [II, 859] ds Hug.). Dér. du n. de Ronsard, v. ronsardien; suff. -iser; v. ronsardien; cf. pétrarquiser, pindariser. Bbg. Darm. 1877, p. 218.