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ROITELET, subst. masc.
A. − Gén. péj. Roi d'un petit État; roi peu puissant, de peu d'importance. Abou-Nacir était un de ces roitelets voluptueux et lettrés, comme on en vit beaucoup dans l'Espagne musulmane (Barrès, Cahiers, t. 4, 1906, p. 227).
[L'accent est mis sur la petite taille ou sur le jeune âge d'un roi auquel on prête, en conséquence, une faible importance] Artevelde continuait à montrer un grand dédain pour les armes du roi de France. « Ah, ah! disait-il, de quoi s'avise ce roitelet? Il est encore trop jeune d'un an pour nous faire peur avec ses assemblées de gens d'armes (...) » (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 1, 1821-24, p. 247).Les Lacédémoniens (...) condamnèrent leur roi Archidamos à l'amende, parce qu'il avait épousé une petite femme, prétendant qu'elle leur donnerait des roitelets et non des rois (Taine, Philos. art, t. 2, 1865, p. 198).
B. − ORNITH. Passereau le plus petit d'Europe, migrateur partiel, au plumage verdâtre avec deux bandes blanchâtres sur les ailes et une tache jaune ou orange vif bordée de noir sur la tête, habitant de préférence les forêts de conifères, se nourrissant essentiellement d'insectes qu'il cherche en voltigeant sans cesse de branche en branche. Un roitelet, gonflé de moelleuse chaleur, Menant dans un sapin sa course étroite et vive (Noailles, Forces étern., 1920, p. 139).V. émoucher ex.
Prononc. et Orth.: [ʀwatlε]. Att. ds Ac. dep. 1718. Étymol. et Hist. 1. xives. plur. reyteles « petits rois » (Chron. d'Anglet., ms. Barberini, f o41 r ods Gdf. Compl.); 1588 roytelet (Montaigne, Essais, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, I, 42, p. 265); 2. xves. [ms.; daté à tort de ca 1180 par FEW t. 10, p. 369b] ornith. roytellet (Roman d'Alexandre, B. N. 10468, f o211b ds Gdf. Compl.). Dér. à l'aide du suff. -et* et de l'a. fr. roitel « petit roi » ca 1140 (Geffrei Gaimar, Hist. des Anglais, éd. A. Bell, 2281, mss DLRH: reitels) − xvies. ds Hug.: roiauteaux, et terme d'ornith. ca 1213 (Fet des Romains, éd. L.-F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, p. 739, ligne 15: roietiax) − av. 1477, Jean Molinet, Faictz et Dictz, éd. N. Dupire, t. 2, p. 649, 9: roitel; prob. pour roietel « oiseau » xiiies. ds T.-L., « petit roi » ca 1316 (Geffroy, Chron. métr., 665, ibid.: räatiau), dér. d'un dimin. en -itum de roi*, cf. l'a. prov. reiet « petit roi » xiiies. ds Levy Prov. Fréq. abs. littér.: 45. Bbg. Callebaut (B.). Index hist. et explicatif des noms des oiseaux en fr. Trav. Ling. Gand. 1980, n o7, p. 167. − Darm. 1877, p. 75.