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ROGATON, subst. masc.
A. −
1. Pop. Porteur de rogatons. Religieux d'un ordre mendiant qui portait des reliques, des indulgences. Car le peuple de Paris est tant sot, tant badaud (...) qu'un bateleur, un porteur de rogatons (...) assemblera plus de gens que ne ferait un bon prêcheur évangélique (A. France, Rabelais, 1909, p. 45).
2. Fam. Petit écrit sans valeur. Ce recueil ne contient que des rogatons (Ac.).On trouve, en parcourant ces deux longues planches [de ma bibliothèque], (...) de bien curieux rogatons d'histoire (E. de Goncourt, Mais. artiste, t. 2, 1881, p. 33).
B. − Au plur.
1. Vieilli, fam. Objet de rebut; objet sans valeur. Il se pratiquait un petit commerce, à peine clandestin, de menus objets et de rogatons divers (Céline, Voyage, 1932, p. 190).
2. Fam. Restes de viandes, de pain, ou d'un plat qui a déjà été servi. Finir des rogatons; se nourrir de rogatons. Il est venu rôder (...) en quête de vagues rogatons, ainsi qu'il fait chaque soir, trimardier, chapardeur, autour des maisons de Solaire (Genevoix, Rroû, 1931, p. 106).
Prononc. et Orth.: [ʀ ɔgatɔ ̃]. Ac. 1694-1740: -tum ou -ton; dep. 1762: -ton. Étymol. et Hist. 1. 1367 « semonce, convocation » (Arch. JJ 97, pièce 503 ds Gdf.: porteur de cemonces et de rogatons) − 1375, Arch. JJ 107, pièce 311, ibid.: rogatum); puis « requête, relique, placet présentés à quelqu'un pour obtenir quelque chose » le plus souvent dans l'expr. porteur de rogatons 1534 (Rabelais, Gargantua, éd. R. Calder, chap. I, ligne 20); 2. 1660 « paperasses » (Oudin Fr.-Esp.); 1668 « objet sans valeur » (Molière, Avare, II, 2); spéc. 1649 « bribes de nourriture » (Richer, Ovide bouffon, p. 78); 1740 (Ac.: On appelle aussi, Rogatons, Des mets communs, ou des mets réchauffez). Mot lat. rogatus, -us « demande, sollicitation », formé sur le supin rogatum de rogare « interroger, questionner » francisé en -on. Fréq. abs. littér.: 30. Bbg. Richard Kirchenterminologie 1959, p. 102.