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RHUBARBE, subst. fém.
BOT. Plante herbacée vivace, dicotylédone, de la famille des Polygonacées, à larges feuilles portées par de gros pétioles charnus, cultivée à des fins alimentaires ou décoratives et utilisée en pharmacologie pour ses propriétés purgatives. Sa faim se comblait; il chipota un bout de fromage bleu de Stilton dont la douceur s'imprégnait d'amertume, picora une tarte à la rhubarbe (Huysmans, À rebours, 1884, p. 180).La fleur de la rhubarbe est insignifiante; cette plante est cultivée uniquement pour ses belles feuilles, très ornementales (Gressent, Créat. parcs et jardins, 1891, p. 936).
[P. allus. littér. à Molière, L'Amour médecin, III, 1] . Les Cointet certifiaient au besoin pour Gannerac ce que Gannerac certifiait pour les Cointet. C'est la mise en pratique de ce proverbe connu, passez-moi la rhubarbe, je vous passerai le séné (Balzac, Illus. perdues, 1843, p. 592).
SYNT. Compote, confiture de rhubarbe; tarte à la rhubarbe; feuille, racine de rhubarbe; rhubarbe officinale, potagère; rhubarbe en poudre; faire infuser de la rhubarbe; extrait, infusion, macération, sirop, teinture, tisane, vin de rhubarbe.
Prononc. et Orth.: [ʀybaʀb]. Att. ds Ac. dep. 1694. Ac. 1835, 1878: rubarbe, renvoi à rh-. Étymol. et Hist. xiiies. reubarbe (Simples médecines, éd. P. Dorveaux, 221); 1306 rubarbe (Joinville, St Louis, éd. N. L. Corbett, § 189). Empr. au b. lat.rheubarbarum, att. au viies. chez Isidore de Séville, d'apr. qui rheu est un mot barbare signifiant « racine ». On trouve aussi en lat. médiév; rhabarbarum (Latham) et chez Rabelais rhabarbe qu'il explique ainsi: ,,du fleuve barbare nommé Rha (c'est-à-dire la Volga) comme atteste Ammianus`` (1546, Tiers Livre, L, éd. M. A. Screech, p. 334, 76). On disait aussi rhapontic*, rheupontic. Le rapport des 2 formes rha et rheu reste obscur. Les lang. européennes ont des formes se rattachant aux 2 types: ital. rabarbaro, reobarbaro, all. Rhabarber. Fréq. abs. littér.: 23. Bbg. Quem. DDL t. 17.