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RESPIRABLE, adj.
Qui peut être respiré sainement. Anton. irrespirable.Milieu respirable; gaz qui n'est pas respirable; peu, à peine, difficilement respirable; l'air confiné cesse d'être respirable; l'air trop raréfié n'est plus respirable. Nous avions, pendant si longtemps, vécu de la vie étouffée du menu peuple de Paris! Nous avions, pendant tant d'années, manqué d'espace, de lumière et même d'air respirable! (Duhamel, Terre promise, 1934, p. 74).
[P. méton.] Après le coucher du soleil, le thermomètre ne descend que de quelques degrés; pas au-dessous de 36 degrés, sinon quelques heures avant l'aube; seuls moments respirables de la journée (Gide, Journal, 1944, p. 267).
[En cont. métaph.] Supportable. Normalement quand je remontais de chez la duchesse, après Albertine, ignorant si je ne désirerais pas sortir avec elle avant de dîner, je trouvais d'habitude dans l'antichambre son chapeau, son manteau, son ombrelle qu'elle y avait laissés à tout hasard. Dès qu'en entrant je les apercevais, l'atmosphère de la maison devenait respirable (Proust, Prisonn., 1922, p. 56).
P. métaph. Retrouve le respect de l'homme, et sache que la tribu n'est respirable que là où nul ne critique l'autre (Saint-Exup., Citad., 1944, p. 654).
Prononc. et Orth.: [ʀ εspiʀabl]. Att. ds Ac. dep. 1798. Étymol. et Hist. 1. xves. [ms.] « propre à la respiration » (Evrart de Conty, Probl. d'Arist., Richel. 210, f o47d ds Gdf.) − xvies. ciel respirable « qui entretient la respiration » (Ronsard, Hymnes, éd. P. Laumonier, t. 8, p. 304); 2. 1686 air respirable (Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, éd. R. Shackleton, p. 99). Dér. de respirer*; suff. -able*; cf. b. lat. respirabilis (ves., v. Forc.). Fréq. abs. littér.: 77.