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REPLET, -ÈTE, adj.
[En parlant d'une pers., d'une partie du corps] Qui est bien en chair, qui est un peu gros. Synon. dodu, grassouillet, potelé.Figure, taille replète; ventre replet; bras replets; mains replètes. Il avait alors cinquante-cinq ans. C'était un homme de petite taille, replet, rougeaud, ayant les yeux à fleur de tête, le nez carré du bout (Reider, MlleVallantin, 1862, p. 25).Son interlocuteur était manifestement un bourgeois. La lampe à pétrole qu'il avait posée sur une console de son vestibule éclairait à contre-jour la soie de sa barbe, des joues replètes et des favoris bien taillés (Giono, Bonheur fou, 1957, p. 169).
Empl. subst. Heureux les gros, les adipeux, les enflés, les replets, les énormes... car Maigrir et garder sa ligne (Alta), par le docteur Jean-Claude Trokiner, les Grandes Recettes de la cuisine légère (Reader's Digest) (...) ont créé pour eux une ronde allègre de repas de fête pour maigrir, parcourue de salades fraîches comme des rires d'enfants (Le Nouvel Observateur, 13 oct. 1980, p. 12, col. 3).
P. anal., rare. [En parlant d'un animal] Charnu. Sous les réduits de mousse où les cailles replètes De la chaude savane évitent les ardeurs, Glissant sur le velours de leurs pattes discrètes, L'œil mi-clos de désir, rampent les chats rôdeurs (Leconte de Lisle, Poèmes barb., 1878, p. 175).
P. anal., poét. [En parlant d'une chose] Gonflé, épais. La salle, avec son lustre au centre, Et ses velours lourds et replets Et ses balcons en bourrelets S'étale ainsi qu'un ventre (Verhaeren, Villes tentac., 1895, p. 138).Trois, quatre sources jettent Leur eau tintante et replète, Qui gonfle, et vient humecter L'herbeux tapis de l'été! (Noailles, Forces étern., 1920, p. 141).
Plais. [P. ell. du subst.] La rente pour la vie Nom de Dieu! Une replète, une de Banque de France formidablement garantie qu'on dépenserait à volonté! (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 342).
Prononc. et Orth.: [ʀ əplε], fém. [-εt]. Att. ds Ac. dep. 1694; 1694-1740: fém. -ete; 1762: -ette; dep. 1798: -ète. Étymol. et Hist. a) 1314 « rassasié, gorgé de nourriture » (Henri de Mondeville, Chirurgie, éd. A. Bos, 1872); b) 1314 « rempli » (Id., ibid., 761); c) 1370-72 « qui a de l'embonpoint » (Oresme, Ethiques, éd. A. D. Menut, p. 402). Empr. au lat.replētus « rempli », part. passé de replēre « remplir ». Cf. a. fr.-prov. replet « rempli » (ca 1180, Girart de Roussillon, v. M. Pfister, Lexikalische Untersuchungen zu Girart de Roussillon, p. 655). Fréq. abs. littér.: 61.