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RENIEMENT, subst. masc.
A. − Fait de renier quelqu'un.
1. [Suivi d'un compl. objectif] Synon. désaveu.Sans arrêt, ses injures s'accumulaient contre cet inconnu symbolisant à la fois l'impudeur, la perte des vertus, et le reniement du Christ (Estaunié, Empreinte, 1896, p. 7).Cette interrogation douloureuse qu'il [Jacques Rivière] nous adressait jadis: « Comment s'y prendre pour en avoir assez? Comment? Dites-le-moi? Je ne sais par où aborder à ce reniement de moi-même (...) » (Massis, Jugements, 1924, p. 106).
2. [Suivi d'un compl. subjectif] Tout se vante et s'exhibe et se porte à la halle. Vous pensez à vos fils nés d'un autre destin. Vous regardez monter vers un dernier matin Le long déroulement du plus grossier scandale. Vous avez pu ranger le reniement de Pierre (Péguy, Ève, 1913, p. 744).
B. − Fait de renier quelque chose; fait de désavouer ce que l'on considérait jusque là comme une vérité, comme une valeur sûre. Synon. abjuration, désaveu.Reniement de sa foi. Il n'y a culture que dans une continuation, et je tiens pour néfastes certains reniements de notre passé (Gide, Journal, 1941, p. 91).V. apostasie ex. 6.
Prononc. et Orth.: [ʀ ənimɑ ̃]. Ac. 1762-1878: reniement ou -nîment (id. ds Littré); 1935: reniement (id. ds Rob. 1985, Lar. Lang. fr.). Étymol. et Hist. Ca 1175 reneiement (Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 16681). Dér. de renier*; suff. -ment1*; cf. l'a. fr. renoi « id. » ca 1175 (Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 10627) − ca 1245 (Philippe Mousket, Chron., 24315 ds T.-L.), dep. xviies. reni « id. » (Boss., Lett. abb. 4 ds Littré), ca 1225 renoierie « id. » (Gautier de Coinci, Mir. Vierge, éd. V. Fr. Koenig, 1 Mir 10, 793) − xives. (Mir. du Monde, ms. La Sarra, p. 50, Chavannes ds Gdf.), renegation « id. » 1623 (Discours admirable d'un magicien ds Variétés hist. et littér., éd. E. Fournier, t. 5, p. 201), puis 1823 (Boiste Add. et Corr.). Fréq. abs. littér.: 144.