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RÉMUNÉRATEUR, -TRICE, adj.
A. − Qui procure des gains appréciables. Synon. lucratif.Commerce, travail rémunérateur; situation rémunératrice. Nous autres, les paysans, qui avons besoin de vendre nos grains à un prix rémunérateur (Zola, Terre, 1887, p. 150).J'allais écrire à Dupouey pour renoncer à faire à l'Alliance française le cours si peu rémunérateur que j'avais moi-même sollicité (Du Bos, Journal, 1923, p. 336).
B. − Vieilli. [En parlant de Dieu] Qui récompense (la vertu). C'est au sentiment de l'existence d'un dieu que l'homme (...) doit celui de la vertu, qui règle ses innombrables desirs vers le bonheur de ses semblables, dans la crainte ou l'espérance que lui inspire le sentiment d'un être suprême, vengeur et rémunérateur (Bern. de St-P., Harm. nat., 1814, p. 276).Il était criminel d'arracher du cœur des malheureux la pensée consolante d'une providence rémunératrice et de les livrer sans guide et sans frein aux passions qui dégradent l'homme (A. France, Dieux ont soif, 1912, p. 171).
Empl. subst. masc. Je consolais Julie des sacrifices que le devoir nous forçait à faire d'un bonheur plus complet ici-bas. Je lui faisais valoir le mérite de ces sacrifices d'un moment aux yeux de l'éternel rémunérateur de nos actions (Lamart., Raphaël, 1849, p. 241).
Prononc. et Orth.: [ʀemyneʀatœ:ʀ], fém. [-tʀis]. Ac. 1694, 1718: remunerateur; dep. 1740: rémuné- (uniquement au masc.). Étymol. et Hist. 1. a) Déb. xives. subst. remunerator « celui qui récompense » en parlant de Dieu (Aimé du Mont-Cassin, Yst.. de li Normant, éd. V. de Bartholomaeis, p. 375, 22); ca 1447 (Internelle consolation, éd. A. Pereire, III, p. 70: Je suis remunerateur de tous biens et fort esprouveur de tous les devots); b) 1525 adj. id. (Hébr. XI, 6 Nouv. Testam., Lefèvre d'Etaples ds Littré); 2. 1863 « (en parlant d'une chose) qui rapporte » (Gressent, Potager mod., p. 591). 1 empr. au lat. chrét. remunerator « celui qui récompense » (déb. iiies., Tertullien de Blaise Lat. chrét.); 2 dér. de rémunérer*; suff. -(at)eur2*. Cf. le m. fr. remunereur « celui qui compense, récompense » (fin xives. ds Roques t. 2, I, 2150: compensor, remunereur), dér. de rémunérer; suff. -eur2*. Fréq. abs. littér.: 46.