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REMPAILLER, verbe trans.
Refaire en paille le fond de quelque chose (généralement d'un siège); empailler de nouveau. Anton. dépailler.
Qqn rempaille qqc.[Elle] employait ses loisirs à rempailler les vieilles chaises (Zola, Fortune Rougon, 1871, p. 122).Il était tambour de ville. Mais, dans sa maison, il rempaillait les chaises (Colette, Mais. Cl., 1922, p. 89).
Au part. passé à valeur adj. Il s'assit dans un fauteuil mal rempaillé (Adam, Enf. Aust., 1902, p. 200).Les tables ne sont point cirées, les chaises ne sont point rempaillées, les carreaux ne sont point lavés pour vous comme pour moi (Péguy, V.-M., comte Hugo, 1910, p. 691).Au fig. De nouveau riche. Eh! bien, Lucien, mon enfant, mon cher amour, nous voilà rempaillé, rafistolé (Balzac, Splend. et mis., 1844, p. 12).
Qqn rempaille qqc. de qqc.P. métaph. Augustin eût volontiers enfoui sous la même vase les doux bohèmes ratés pareils à ce Don Quichotte en pèlerine, rempaillant de lyrisme la pelure vide de ses pauvres jours (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 277).
Qqn rempaille.Et toute sa vie s'écoula ainsi. Elle rempaillait en songeant à Chouquet (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Rempaill., 1882, p. 653).L'échoppe des Cahiers de la Quinzaine où Péguy imprimait humblement comme on rempaille (Cocteau, Poés. crit. II, 1960, p. 163).
Prononc. et Orth.: [ʀ ɑ ̃pɑje], [-a-], (il) rempaille [-pɑ:j], [-paj]. Att. ds Ac. dep. 1798. Étymol. et Hist. 1723 (Savary). Dér. de empailler*; préf. re-*. Fréq. abs. littér.: 11.
DÉR. 1.
Rempaillage, subst. masc.Action de rempailler. Le rempaillage d'un fauteuil. Dans l'espérance de le revoir elle vola ses parents, grappillant un sou par-ci, un sou par-là, sur un rempaillage, ou sur les provisions qu'elle allait acheter (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Rempaill., 1882, p. 652).Il a fondé un atelier de rempaillage pour occuper de jeunes aveugles (Gide, Paludes, 1895, p. 92). [ʀ ɑ ̃pɑja:ʒ], [-a-]. Att. ds Ac. dep. 1878. 1resattest. a) 1775 « ouvrage de rempailleur » (ds Boiste 1803), b) 1832 « action de rempailler » (Raymond); de rempailler, suff. -age*.
2.
Rempailleur, -euse, subst.Personne qui rempaille les chaises par profession. Trompette de rempailleur. Le président du district entre suivi de douze piques. C'est un ancien rempailleur (A. France, Étui nacre, Pt soldat plomb, 1892, p. 310).Sa mère était rempailleuse de chaises et ne savait pas lire (Alain-Fournier, Corresp.[avec Rivière], 1910, p. 224).Ces gens (...) s'irritaient d'être obligés (...) d'apprendre de nouveaux métiers, de se faire cordonniers, bourreliers, rempailleurs de chaises (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 44). [ʀ ɑ ̃pɑjœ:ʀ], [-a-], fém. [-ø:z]. Att. ds Ac. dep. 1798. 1reattest. 1723 (Savary); de rempailler, suff. -eur2*. Fréq. abs. littér.: 17.