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RELÉGATION, subst. fém.
A. −
1. HIST. DE L'ANTIQ. ROMAINE. Exil qui n'entraîne pas la perte des droits civils et politiques. Les îles de la Méditerranée et de l'Archipel étaient les lieux ordinaires de relégation sous l'Empire (Bouillet1859).
2. DR. PÉNAL
a) Vieilli. Peine complémentaire frappant les récidivistes par laquelle un condamné est obligé de résider (relégation individuelle) ou est interné (relégation collective) hors du territoire métropolitain. Synon. déportation, transportation.La relégation est une institution qui a pour but de débarrasser la métropole de certains condamnés particulièrement dangereux (Réau-Rond.1951).
b) Usuel. ,,Peine accessoire frappant certains récidivistes et consistant à les traiter dans des centres spécialisés en fonction de leurs aptitudes déterminées par les organes compétents de l'administration pénitentiaire`` (Barr. 1974).
B. − Action de reléguer, de mettre dans un lieu reculé ou peu prisé quelqu'un, quelque chose; résultat de cette action. La relégation fréquente [d'Édmée] dans une chambre parée (Colette, Chéri, 1920, p. 118).
C. − Au fig. Action de rejeter au second plan. Tout se passait comme si nos alliés persistaient à tenir la France à l'écart de leurs arrangements. Nous ne pouvions directement faire cesser cette relégation, mais il ne tenait qu'à nous de la rendre insupportable à ceux qui nous l'infligeaient (De Gaulle, Mém. guerre, 1959, p. 48).[La mémoire] possède une prodigieuse faculté de relégation, de sélection et d'oubli (Arnoux, Zulma, 1960, p. 119).
Prononc. et Orth.: [ʀ əlegasjɔ ̃]. Ac. 1740: ré-; dep. 1762: re-. Étymol. et Hist. 1. 1372-74 « action d'exiler, de bannir » (N. Oresme, Le Livre de Politiques d'Aristote, f o102c et 103a, éd. A. D. Menut, p. 143); 2. 1885 « peine d'internement perpétuel sur le territoire de certaines colonies » (loi du 27 mai d'apr. Nouv. Lar. ill.). Empr. au lat.relegatio « exil », dér. de relegare (reléguer*).