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RÉGRESSER, verbe intrans.
A. − [Corresp. à régression B] Subir une régression.
1. Revenir en arrière après avoir connu une période de progrès. Synon. reculer; anton. progresser.La production a régressé. L'économie des fruits et légumes frais a été profondément bouleversée par le nouveau type de civilisation: (...) l'autoconsommation régresse, pour faire place à une commercialisation de plus en plus importante des produits (Boulay, Arboric. et prod. fruit., 1961, p. 7).
2. Revenir à un état antérieur après avoir connu un stade plus élevé dans l'évolution.
BIOL. [Corresp. à régression B 2 a] Ces animaux [les nudibranches] sont entièrement dépourvus de coquille. Or, tous passent par un stade de larve (...) ayant, comme chez les autres gastéropodes, une coquille bien formée, qui tombera lors de la métamorphose. L'absence de coquille chez l'adulte n'est donc pas un caractère primitif; c'est secondairement que la coquille a dû régresser et a complètement disparu (Caullery, Embryol., 1942, p. 70).
PSYCHOL., PSYCHANAL. [Corresp. à régression B 2 b] [Le sujet qui se livre à l'onanisme] (...) fait retour à son propre passé (...), le comportement régresse à la saleté, au désordre négligé de la première enfance (Mounier, Traité caract., 1946, p. 356).Si son moi [de petit garçon] est faible, il régressera de l'Œdipe positif à l'Œdipe négatif (Choisy, Psychanal., 1950, p. 65).
B. − [Corresp. à régression C] Diminuer en intensité ou en quantité. Anton. augmenter.Il reste encore à faire, dans les régions sous-développées, pour combattre l'emploi prématuré des enfants; cependant leur pourcentage va en régressant (Tiers Monde, 1956, p. 146).La tuberculose, elle aussi, a régressé dans la plupart des pays (Bariéty, Coury, Hist. méd., 1963, p. 819).
PATHOL. [Corresp. à régression C] Parfois lorsque les phénomènes infectieux surajoutés [du cancer du côlon], si fréquents ont régressé, on peut envisager dans un deuxième temps ultérieur une nouvelle intervention (Quillet Méd.1965, p. 169).
REM.
Régressé, -ée, part. passé en empl. adj.Qui revient à un état moins évolué. Un style qui se décompose en idéogrammes est régressé, un art qui va vers un autre style (et ces deux mouvements sont souvent mêlés) ne l'est pas; il est clair que l'art roman n'est pas un art antique régressé (Malraux, Voix sil., 1951, p. 130).
Prononc.: [ʀegʀese], [-gʀ ε], (il) régresse [-gʀ εs]. Étymol. et Hist. 1. 1878 « revenir à un état, un type, plus primitif » (Cl. Bernard, Princ. méd. exp., p. 294); 2. 1893 « diminuer (en importance) » (Durkheim, Divis. trav., p. 154). Formé sur régression* d'apr. progresser*. Fréq. abs. littér.: 23.