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RECULADE, subst. fém.
A. − Vieilli. Action de reculer, mouvement en arrière. Synon. usuel recul (v. ce mot A 1).L'aspect de M. Valdemar en ce moment était tellement hideux (...) que ce fut une reculade générale loin de la région du lit (Baudel., Hist. extr.,1856, p. 253).
En partic. [À propos d'une armée] Synon. décrochage, repli.L'évacuation de la presqu'île (...) prendrait ainsi l'aspect d'une manœuvre et non d'une reculade (Joffre, Mém.,t. 2, 1931, p. 132).
B. − Au fig.
1. Vieilli. Régression. Synon. usuel recul (v. ce mot A 2 c).Toute attaque au pouvoir dans le but de s'en servir pour violenter les instincts d'un pays (...) est un échec au progrès, une reculade (Proudhon, Confess. révol.,1849, p. 134).Si la bourgeoisie, plus habile que le peuple, ourdit une vaste conspiration et réussit à apaiser (...) les besoins de liberté qui se manifestent, quelle reculade et quelle nouveau leurre! (Sand, Corresp.,t. 5, 1867, p. 196).
2. Fait de revenir à des positions moins ambitieuses, d'être obligé de céder de façon peu honorable, après s'être trop engagé. Synon. dérobade.Honteuse reculade. Je m'attends à une reculade de Juliette parce qu'il aura pleuré à ses pieds (Constant, Journaux,1814, p. 419).Il adoptait le silence comme règle d'orgueil, afin d'éviter les reculades dans la discussion, et les victoires du contradicteur (Adam, Enf. Aust.,1902, p. 435).
Prononc. et Orth.: [ʀ əkylad]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1611 « mouvement de recul » (Cotgr.); 1756 fig. « fait d'adopter une position en retrait par rapport à la position adoptée antérieurement » (Argenson, Journ. mém., t. 9, p. 263). Dér. de reculer*; suff. -ade*. Fréq. abs. littér.: 47.