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RECÉDER, verbe trans.
A. − Rendre à quelqu'un ce qu'il avait cédé auparavant. Synon. rétrocéder.Je lui ai recédé la maison qu'il m'avait vendue (Ac.).Le faux adepte avait simplement acheté toute la litharge que possédaient les apothicaires de la principauté, l'avait chargée d'un peu d'or puis l'avait recédée à ses anciens vendeurs (Caron, Hutin, Alchimistes, 1959, p. 49).
B. − Céder à quelqu'un à prix d'argent ce qu'on avait acquis. Synon. revendre.Recédez-moi ce tableau (Ac.).Il aurait maintenant sur Sonchelles un contrôle non plus à douze, mais à seize ou dix-sept pour cent; il pourrait recéder tout ce qui lui plairait pour l'augmentation de capital dont, en ce qui le concernait, le groupe Maublanc-Leroy aurait fait pratiquement les frais (Druon, Gdes fam., t. 2, 1948, p. 89).
Au fig. Franc de bras comme de cœur, grand chasseur, gros mangeur, aussi bon à la bataille qu'à la tâche, parfois sans un sou vaillant en poche, mais avec de la fierté à en recéder à toute une paroisse (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 24).
C. − Céder à nouveau; ne pas résister à nouveau. Comment expliquer ce besoin irrésistible, lorsque je suis avec Marcel, de citer de mes propres paroles? J'y recède à presque chaque coup, malgré l'irritation secrète que je sens que cela lui cause (Gide, Journal, 1928, p. 879).Assiette réparée, recède à la cassure. Si vous devez finir sur un divorce, autant rester le doigt nu (H. Bazin, Qui j'ose aimer, 1956, p. 235).
Prononc. et Orth.: [ʀ əsede], (il) recède [ʀ əsεd]. Barbeau-Rodhe 1930: je recède [ʒ ə ʀsεd], [ʒ ʀ əsεd]. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1596 (P. de La Noue, Dict. des rimes ds Gdf. Compl.); attest. isolée; à nouv. fin xviiies. 1794 (Chamfort, Caract. et anecd., p. 160). Formé de l'élém. re-* et de céder*.