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REBEC, subst. masc.
MUS. Petit instrument du Moyen Âge à archet, à caisse de résonance piriforme, légèrement bombée, au manche brisé au niveau du chevillier, qui est monté de deux ou trois cordes et qui possède une sonorité assez perçante (d'apr. Mus. 1976). De pauvres instruments qui, comme le rebec, s'étaient vus, au dix-septième siècle, relégués dans les cabarets (La Laurencie,Éc. fr. violon, 1923, p. 50).Le rebec, vieil instrument à cordes, l'un des plus anciens ancêtres du violon, avait l'extrémité de son manche sculpté en forme de visage, forme quelquefois ridicule, grotesque (Rougnon1935, p. 304).
[P. compar. avec une caractéristique de cet instrument] Une vieille fille édentée, à visage de rebec, dont les sourcils ressemblaient à deux anses de chaudron, qui n'aurait pas pu mettre une noisette entre son nez et son menton crochu (Balzac,MeCornélius, 1831, p. 226).Petits cricris gentils Vos rebecs sonnent-ils? (Jammes,De tout temps, 1935, p. 85).
Au fig. Ceux-là sont bien trompés qui, dans ma poésie, cherchent l'harmonie convenue, la forme ordinaire et flatteuse. − Eh! mon cher, vous voulez une lyre: je n'ai qu'un rebec (Sainte-Beuve,Poisons, 1869, p. 125).
Rem. Certains aut. utilisent le mot rebec pour désigner le rebab arabe. Les uns [les danseurs chleuh] chantent d'une voix de tête suraiguë, que je n'ai entendue qu'ici, en s'accompagnant de rebecs à la musique aigrelette (Tharaud, Marrakech, 1920, p. 106). Voir Flaub., Corresp., 1850, p. 175 (rebek), Du Camp, s.v. grincer C 1 (rebeck), Fromentin, Voy. Égypte, 1869, p. 89 (rebecq), Montherl., Encore inst. bonh., 1934, p. 692 (rebec).
Prononc. et Orth.: [ʀ əbεk]. Barbeau-Rodhe 1930: un rebec [œ ̃ ʀbεk]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1384 [éd. 1541] rebec (Jehan De Brie, Bon Berger, éd. P. Lacroix, p. 35: de quiternes, de rebecs, de choros); 1452 rabet (Arch. nat., JJ 181, pièce 194 ds Du Cange, s.v. rabes et Gdf. Compl.); 1478-80 rebec (G. Coquillart, Blason des armes et des dames, 218, éd. M. J. Freeman, p. 255). Altér. p. dissim., prob. d'apr. bec en raison de la forme de l'instrument, de l'a. fr. rubebe (dep. 1269-78, Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 21000), rebebe (dep. ca 1349, L. des Mestiers, éd. J. Gessler, p. 44), empr. à l'ar. rabāb (rebab*). Fréq. abs. littér.: 28.