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RATIBOISER, verbe trans.
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A. − Ratiboiser qqc.Rafler; en partic. voler au jeu. Ces messieurs m'ont ratiboisé 120 francs, mais là! haut la main (Cavaillé ds Larchey, Dict. hist. arg.,1878, p. 308).Si vous avez du comptant vous courez deux risques: primo [les soldats] vous tabassent pour preuve que vous avez essayé de leur graisser la patte et secondement ils vous ratiboisent le pécule qu'ils appellent confiscation (Giono, Hussard,1951, p. 263).
B. − Ratiboiser qqn.[Souvent à la forme passive] Ruiner (quelqu'un) au jeu. Il joue, il joue, − quelquefois heureusement au commencement, mais ne sachant pas s'en aller, il est complètement ratiboisé à deux heures du matin (Goncourt,Journal,1893, p. 482).
P. ext. Faire perdre (la santé, la fortune, la situation); faire mourir. J'ai tout mangé, j'ai tout bu, j'ai fait faillite comme un vrai commerçant; ratiboisé, ma chère (Huysmans,Marthe,1876, p. 130).Avec des êtres comme ça, plus on est bon, plus on est vite ratiboisé (Giono,Regain,1930, p. 212).
Prononc.: [ʀatibwaze], (il) ratiboise [-wa:z]. Étymol. et Hist. 1875 « rafler les enjeux (au baccara) » (Cavaillé ds Larch. 1880). Mot de l'arg. des joueurs, issu du croisement de ratisser* et de l'a. fr. emboiser « séduire par des caresses artificieuses » (1220 d'apr. FEW t. 15, 1, p. 83a) qui survit dans les dial. au sens de « tromper » (FEW, loc. cit.). Emboiser est comp. de em- (en-*) et de l'a. fr. boisier « séduire par des paroles artificieuses » (ca 1135, Couronnement Louis, éd. Y. G. Lepage, rédaction D, 92) lequel est issu d'un frq. *bausjan « dire des niaiseries ou des bêtises, radoter » que l'on restitue d'apr. l'a. h. all. bôsôn « id. » et le m. h. all. bôsen « faire du mal », dér. d'un frq. *bausia- (cf. a. h. all. bosi « sans valeur », m. néerl. bose « méchant », all. böse « id. »).