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POUSSIF, -IVE, adj.
A. − MÉD. VÉTÉR. [En parlant d'un cheval] Qui est malade de la pousse. Tandis que normalement l'inspiration d'une part et l'expiration d'autre part se produisent graduellement, régulièrement et sans aucune saccade, sur le cheval poussif on observe une inspiration normale, mais une expiration en deux temps (Garcin, Guide vétér.,1944, p.101).
Empl. subst. Une toux de poussif ne ressemble à aucune autre toux (...). On observe alors une toux petite, sèche, quinteuse et avortée (Garcin, Guide vétér.,1944p.100).
B. − P. méton.
1. [En parlant d'une pers., d'un animal] Qui se traîne en soufflant, qui avance en peinant. Synon. asthmatique.J'étais las des voitures hollandaises, cahotantes machines, peu suspendues et à peine traînées par deux rosses poussives (Du Camp, Hollande,1859, p.181).Son dernier valet était un gros homme fourbu et poussif de cinquante-cinq ans, incapable de courir vingt pas (Hugo, Misér.,t.1, 1862, p.719).
P. anal. [En parlant d'un véhicule, d'un moteur] Qui a de la peine à avancer:
. ... la plupart de ces machines étaient supportées par trois roues et alimentées par une chaudière verticale. Elles étaient plutôt des tracteurs, lents, pesants, poussifs: comment eussent-elles pu s'aligner à côté des locomotives, qui dépassaient déjà le 100 en traînant 100 tonnes? P. Rousseau, Hist. transp.,1961, p.471.
2. [En parlant de la voix d'une pers., d'un instrument de mus.] Qui a des sonorités haletantes, chuintantes. Je vis le fiacre de monsieur Lepître dans la rue, et le bonhomme qui me demandait de sa voix poussive (Balzac, Lys,1836, p.18).Le trombone maladroit, le piston baroque, la flûte bucolique, le fifre guilleret, le basson poussif créent une humanité, un univers, une atmosphère aussi drôlatique, féerique et changeante que le désirera le thème (Arts et litt.,1935, p.80-15).
REM.
Poussivement, adv.,au fig. En se traînant. De temps à autre, vaguement, les deux roussins semblaient s'animer et trotter poussivement un peu (Huysmans, Cathédr.,1898, p.149).
Prononc. et Orth.: [pusif], fém. [-i:v]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. 1280 poussieus d'alaine «qui éprouve des difficultés de respiration» (d'un cheval) (Philippe de Beaumanoir, Jehan et Blonde, 2440 ds T.-L.); 1690 subst. un gros poussif (Rich.); 2. 1831 cours d'harmonie poussive (Balzac, OEuvres div., t.2, p.282); 1847 «d'un véhicule qui a peine à gravir les côtes» (Id., ibid., t.3, p.663). Dér. de pousser* au sens de «respirer péniblement»; suff. -if*. Fréq. abs. littér.: 77.