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PERVERSITÉ, subst. fém.
A. − Caractère d'une personne encline au mal, qui fait, qui aime à faire le mal. Bientôt sa perversité ne se borna pas à affoler son mari; son vice d'habitude fut d'exaspérer le désir chez tous ceux qui le lui exprimèrent (Péladan, Vice supr., 1884, p.50).Rimbaud (...), le génie de la perversité (...), avec une imagination malfaisante de vilain singe, passait sa vie à inventer d'impitoyables méchancetés (Goncourt, Journal, 1886, p.565).
Caractère d'un attribut, d'une manifestation d'une telle personne. La perversité de ses principes, de ses conseils (Ac.1935).La perversité de mon esprit, qui aime les choses malsaines (Flaub., Corresp., 1874, p.224).Prévenir papa? Mais il me demandera des preuves et, si je ne lui en fournis pas, il s'indignera de la perversité de mon imagination (H. Bazin, Vipère, 1948, p.260).
B. − PSYCHOPATHOL. ,,Anormalité de la conduite générale et spécialement des comportements à l'égard d'autrui et de la Société conduisant à des actes asociaux et inhumains accomplis avec indifférence affective à l'égard de la souffrance d'autrui, absence complète de culpabilité et satisfaction personnelle`` (Mucch. Psychol. 1969). La perversité comporte essentiellement un choix immoral dans les règles normatives du comportement (Porot1960).La perversité peut n'être qu'épisodique: actes de cruauté ou de vandalisme d'un adolescent qui utilise ce moyen pour s'affirmer (Psychol.1969):
. Il n'y a perversité véritable que dans une indifférence morale rebelle prolongée: il ne faut donc pas confondre avec les pervers, les impulsifs ou les nonchalants moraux. Mounier, Traité caract.,1946, p.728.
P. méton., rare. Action, pratique immorale ou contre nature d'une telle personne. L'une des perversités (...) en usage au commencement de ce siècle, était le luxe des rats. Un rat, mot déjà vieilli, s'appliquait à un enfant de dix à onze ans, comparse à quelque théâtre, (...) que les débauchés formaient pour le vice et l'infamie (Balzac, Splend. et mis., 1844, p.18).
Prononc. et Orth.: [pε ʀvε ʀsite]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Fin xiies. perversiteit (Sermons St Grégoire sur Ezechiel, 57, 4 ds T.-L.). Empr. au lat. perversitas, -atis «renversement, corruption des moeurs», dér. de perversus, v. pervers. Fréq. abs. littér.: 255. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 353, b) 333; xxes.: a) 501, b) 302.