× Annonce

Chers usagers du portail lexical du CNRTL,

Après vingt ans de bons et loyaux services, la version actuelle du portail sera prochainement remplacée par une nouvelle version au 1er juillet 2026. Cette nouvelle version apporte une refonte complète de l'interface adaptée à tous les supports (ordinateurs, tablettes, smartphones) et inclut également de nouvelles ressources.

Vous pouvez d'ores et déjà vous familiariser avec la nouvelle version ici : Portail lexical

En vous remerciant,

L'équipe du CNRTL
Police de caractères:

Surligner les objets textuels
Colorer les objets :
 
 
 
 
 
 

Entrez une forme

options d'affichagecatégorie :
PROLEPSE, subst. fém.
A. − PHILOS., THÉOL.
1. Anachronisme par anticipation. Beaucoup d'exégètes ont pensé que ce nom propre de Dieu avait été révélé pour la première fois à Moïse au Sinaï, et que c'est pour cette raison que les récits dits élohistes commencent seulement à partir de cette révélation à nommer Jéhovah le dieu d'Israël. Ce serait donc par prolepse ou par anticipation que les récits jéhovistes auraient employé ce mot divin à l'époque patriarcale (Théol. cath.t.4, 11920, p.951).
2. Empl. adj. Principes prolepses. ,,Principes que l'âme contient originairement, et que les objets externes réveillent seulement dans les occasions, c'est-à-dire des assomptions fondamentales, ou ce que l'on prend pour accordé par avance`` (Lal. 1968).
B. − RHÉT., GRAMM.
1. ,,Figure de grammaire consistant dans l'emploi d'une épithète où se peint soit un état antérieur, soit un état futur`` (Morier 1961). V. proleptique ex. de Suhamy.
2. Figure de rhétorique par laquelle on anticipe les objections de ses adversaires en les réfutant à l'avance. Parfois, la prolepse se combine avec l'apodioxis [rejet d'un argument comme absurde] en traitant d'absurde ou de regrettable l'objection prévue: Certains vont me dire −chose détestable −qu'aider les faibles c'est affaiblir la race. Ont-ils songé que la force de l'esprit n'est pas celle du corps? (Morier1961).
C. − LING. Procédé syntaxique qui consiste à placer un terme dans une construction antérieure à celle à laquelle il appartient. La prolepse (...) consiste à jeter en tête un terme de la phrase, à l'isoler au moyen d'une pause, et à le reprendre dans la phrase au moyen d'un pronom ou d'un adverbe représentant. Types: Le père −, il n'a rien dit (...). Des oeufs −, je n'en vends pas! (Wagner-Pinchon1962, p.504).
Prononc. et Orth.: [pʀ ɔlεps]. Att. ds Ac. 1762 et dep. 1835. Étymol. et Hist.1. 1564 «figure de rhétorique par laquelle on va au-devant des objections de l'adversaire» prolepsie (Rabelais, Cinquiesme Livre, éd. Marty-Laveaux, 19, p.74); 1701 prolepse (Fur.); 2. 1842 «notions généralisées a priori, dans le système d'Épicure» (Ac. Compl.); 3. 1933 gramm. (Mar. Lex.). Empr. au gr. π ρ ο ́ λ η ψ ι ς «opinion qu'on se fait d'avance», spéc. terme de rhét. «réponse anticipée à une objection», dér. de π ρ ο λ α μ β α ́ ν ω «présumer, préjuger».