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PROFANATEUR, -TRICE, subst. et adj.
A. − (Celui, celle) qui profane (ce qui est saint, sacré). Ce n'étoit plus le bon pasteur qui rapporte au bercail la brebis égarée, c'étoit Moïse dénonçant la sentence mortelle à l'infidèle adorateur du veau d'or; c'étoit Jésus-Christ chassant les profanateurs du temple (Chateaubr.,Martyrs, t.1, 1810, p.235).Une sorte d'horreur religieuse l'envahissait, quoique le lieu n'eût rien de sinistre, en violant ce palais de la mort défendu avec tant de soin contre les profanateurs. La tentative lui paraissait impie et sacrilège (Gautier,Rom. momie, 1858, p.174).Assuré que cet incendie dardait ses flammes contre les oblats profanateurs, il parcourait sans cesse du regard le ciel immense (Barrès,Colline insp., 1913, p.298).
[Appliqué à une chose, à un attribut de la pers., à une action] En empl. adj. Il leva contre le temple une main profanatrice (Ac.1878-1935).[Maurras] sait que le salut de la société française n'est pas tout le salut, et toujours il lui sembla impie, téméraire, profanateur, de vouloir goûter l'humain comme divin (Massis,Jugements, 1923, p.219):
. Malheur à l'homme dont le verbe profanateur ment à la bribe d'esprit divin que le ciel lui a départie! En lui le parfait équilibre de l'esprit et de la matière est à jamais rompu. Le menteur a cessé d'être l'expression suprême de l'identité de la substance et du sentiment, du corps et de l'âme, du monde intérieur de l'amour et de l'univers extérieur du beau. Milosz,Amour. init., 1910, p.160.
B. − (Celui, celle) qui attente au respect dû à quelque chose. Profanateur effronté de la langue universelle et de ses plus grands noms, le dernier des hommes après ceux qui l'aiment! (J. de Maistre,Soirées St-Pétersb., t.1, 1821, p.276).
[Appliqué à une chose] Chênes, qui protégiez Bourbon et Gabrielle, (...) Ah! que du bûcheron le fer profanateur Jamais n'ose outrager votre auguste vieillesse! (Fontanes,OEuvres, La Forêt de Navarre, 1821, p.12).Ce travail profanateur (...) [celui du librettiste] (Berlioz,À travers chants, 1862, p.331).
Prononc. et Orth.: [pʀ ɔfanatoe:ʀ], fém. [-tʀis]. Ac. 1694-1878: -teur; 1935: -teur, -trice. Étymol. et Hist. 1566 (H. Estienne, Apologie pour Hérodote, éd. P. Ristelhubert, t.1, p.199). Empr. au lat. chrét. profanator de même sens; cf. 1462 prophanans «profanateur» (Hist. de Metz, V, 741 ds Gdf.). Fréq. abs. littér.: 41.