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PRESSENTIMENT, subst. masc.
A. − Prévision confuse, irraisonnée (d'une chose à venir ou non encore connue, généralement défavorable). Synon. prémonition.J'ai le pressentiment qu'il doit m'arriver quelque chose d'heureux (Dumas père, Demois. St-Cyr, 1847, iii, 9, p.157).Certes, ce n'était pas leur première querelle, mais un pressentiment l'avertissait que celle-ci serait la dernière, que la solitude, cette solitude qu'il redoutait plus que la mort, commençait à ce moment même (Bernanos, Mauv. rêve, 1948, p.929).
SYNT. Pressentiment bizarre, confus, obscur, secret, terrible; affreux, douloureux, étrange, heureux, funeste, noir, sinistre, sombre, triste, vague pressentiment; (avoir le) pressentiment de l'avenir, d'un danger, de sa fin, d'un malheur, de sa mort; être averti, saisi par un pressentiment; pressentiment qui se réalise.
B. − Connaissance confuse, irraisonnée (d'une chose présente qui n'apparaît pas clairement). Synon. impression, intuition, sentiment.Une sorte d'ivresse (...) me grisait (...). J'avais le pressentiment de vivre une des minutes heureuses de ma vie (Barrès, Cahiers, t.2, 1898, p.8):
. ... un pressentiment profond de la primauté de l'esprit pousse un Gandhi à faire la guerre aux Anglais à coups de jeûnes, de pénitences et de souffrances librement élues... Maritain, Primauté spirit., 1927, p.131.
Prononc. et Orth.: [pʀesɑ ̃timɑ ̃], [pʀ ε-]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1572 «sentiment non raisonné et qui fait prévoir quelque événement futur» (Amyot, OEuvr. mor., Quels animaux sont les plus advisez, 66 ds Gdf. Compl.). Dér. de pressentir*; suff. -ment1*. Fréq. abs. littér.: 1287. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2038, b) 1897; xxes.: a) 1604, b) 1752.