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POLTRON, -ONNE, adj.
[Avec une valeur dépréc.] Qui est excessivement peureux. Synon. couard, lâche, peureux; froussard (fam.); trouillard (pop.).De sa personne, il était poltron. Il avait peur au feu. Il se cachait pendant la canonnade à Brienne (Hugo, Rhin,1842, p. 391).Elle reprit : − Bien sûr que c'est lui qui a commencé! Il n'y a pas de quoi vous vanter. Sans lui, vous vous laissiez insulter, vous nous laissiez insulter, poltrons! froussards! (Rolland, J.-Chr., Révolte, 1907, p. 621).V. décerner ex. de Clemenceau.
[P. méton. du déterminé] Rare. À certains regards poltrons, ils se confessaient cette angoisse (Zola, Faute Abbé Mouret,1875, p. 1384).Leur tapage furieux cache une mentalité poltronne (J. Vuillemin, Essai signif. mort,1949, p. 137).
Empl. subst. Personne ne croyait plus en Tartarin. Les naïfs, les poltrons, des gens comme Bézuquet, qu'une puce aurait mis en fuite (A. Daudet, Tartarin de T.,1872, p. 39).On m'a insultée devant toi, et tu as laissé dire, et tu ne te bats point! Il ne te manquait plus que d'être un poltron! (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Hérit., 1884, p. 506).V. femmelette ex. de Musset.
Prononc. et Orth. : [pɔltʀ ɔ ̃], fém. [-ɔn]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1509 subst. poultron « lâche » (J. Marot, Voy. de Venise, éd. G. Trisolini, p. 113, 2601); 1558 adj. (doc. 14 avr. ds Négociations de la France dans le Levant, éd. E. Charrière, t. 2, p. 458, note); 2. 1618 fauconn. ici p. métaph. (N. Deslauriers, Les Fantaisies de Bruscambille, p. 184); 1765 pêche (crabe) poltron (Encyclop. t. 12, p. 223b). Empr. à l'ital. poltrone « vil, peureux » (dep. 1ertiers xvies., Fr. Berni ds Tomm.-Bell.), aussi « paresseux, oisif » (dep. 2emoit. xiiies., Jacopone Da Todi, ibid.; à l'orig. dans ce sens du fr. po(i)ltron « paresseux, coquin », att. de 1552, Rabelais, Quart Livre, chap. 59, éd. R. Marichal, p. 238, à 1700, Pomey d'apr. FEW t. 9, p. 531b), dér. de poltro « poulain non dompté », du lat. vulg. *pulliter, -tri (cf. lat. médiév. poletrum ds la Loi Salique, LXIII, § 5, éd. K. A. Eckhardt, p. 178), dér. du lat. pullus « petit d'un animal ». V. FEW, loc. cit., p. 532b et H. Estienne, Deux dialogues du nouv. lang. françois italianizé, éd. P.-M. Smith, p. 108, note 184. Fréq. abs. littér. : 202. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 279, b) 611; xxes. : a) 226, b) 157. Bbg. Hope 1971, p. 217.