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PLEUTRE, subst. masc. et adj.
I. − Subst. masc. et adj. (Homme) sans dignité et sans courage. Synon. capon (vieilli), couard, dégonflé (pop.), lâche, poltron; anton. brave, courageux, vaillant.Pleutres hypocrites qui proposaient des compromis entre le juste et l'injuste, offensant ainsi le juste dans ses droits et l'injuste dans son courage (A. France, Île ping., 1908, p.309).Le père cornélien que M. Lenormand saluait dans Fils de Personne est devenu un pleutre qui accepte d'exposer son enfant pour sauver sa peau (G. Marcel, Heure théâtr., 1959, p.52).
II. − Adj. Qui marque la lâcheté, le manque de courage. Il y a dans la soumission quelque chose de pleutre et d'ignoble (Gide, Journal, 1933, p.1173).
REM. 1.
Pleutrement, adv.,rare. D'une manière pleutre. Les manifestants doivent se borner à défiler pleutrement (Bloy, Journal, 1907, p.274).
2.
Pleutrerie, subst. fém.a) Caractère de pleutre. Il y avait aussi en lui ce cabotinage de la force qui était un de ses travers: sa pleutrerie aimait à terroriser la faiblesse (Daniel-Rops, Mort, 1934, p.29).Selon sa nature, il admirait alors ma grandeur d'âme ou méprisait ma pleutrerie (Camus, Chute, 1956, p.1499).b) P. méton. Action lâche. M'accuser de vénalité en des termes constamment tortueux et cauteleux et rampants c'est une bassesse; et une lâcheté. Mais m'accuser de vénalité et signer Pons Daumelas quand on est M. Charles-Victor Langlois, (...) ça s'appelle une pleutrerie (Péguy, Argent, 1913, p.1149).
Prononc. et Orth.: [plø:tʀ ̭]. Att. ds Ac. dep. 1798. Étymol. et Hist. 1750 (Mén.: ,,un grossier, un stupide, un lâche, un poltron``); 1810 «homme sans courage» (Molard, Mauv. lang. corr., p.214). Prob. empr. au flam. pleute «chose sans valeur, chiffon; coquin, vaurien», le mot est att. dans les parlers du Nord et du Nord-Est au sens de «lâche, homme sans capacités». Fréq. abs. littér.: 49. Bbg. Bugge (S.). Étymol. rom. Romania. 1875, t.4, p.364. _Quem. DDL t.1 (s.v. pleutrerie).