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PIRATERIE, subst. fém.
A. − (Acte de) brigandage maritime qu'exercent les pirates. Acte de piraterie. Il semblait que la piraterie fût devenue un métier honorable (Michelet, Hist. romaine, t.2, 1831, p.212).Don Camille, un autre renégat dans le temps, comme lui, qui faisait de la piraterie sur la côte du Maroc (Claudel, Soulier, 1944, 2, p.1088):
. De leur côté, les Anglais se livraient à de continuelles pirateries; ils prenaient les vaisseaux qui amenaient les vins de Bordeaux à La Rochelle (...) ils descendirent sur l'île de Rhé et y pillèrent une abbaye. Barante, Hist. ducs Bourg., t.2, 1821-24, p.321.
P. anal. Piraterie aérienne. Détournement d'avion s'accompagnant généralement d'un chantage exercé sur le personnel et les passagers menacés de mort. La piraterie aérienne et le mépris insultant dont elle témoigne pour ceux dont elle fait ses victimes (Le Figaro, 8 sept. 1970ds Gilb. 1971).
B. − P. ext.
1. Action, fait de s'emparer illégalement et par la force du bien d'autrui. Synon. brigandage, rapine.Piraterie industrielle. Ce matin, achat du Figaro et du Gaulois à la gare de Vesterbrogade. Chacune de ces feuilles à 15 centimes, marquée 0 fr. 20 pour l'étranger, se paye à Copenhague 0 kr. 35 ores, c'est-à-dire 0 fr. 50. Piraterie à signaler (Bloy, Journal, 1900, p.402).Les plus honnêtes gosses entreprennent pour elles [les châtaignes] des expéditions de piraterie (La Varende, Normandie en fl., 1950, p.222).
2. Action de s'accaparer le contenu des oeuvres intellectuelles ou artistiques. En littérature, c'est pire: l'esprit seul désormais y fait loi. Intrigue, piraterie, vanité sans frein, vénale cupidité (Sainte-Beuve, Portr. femmes, 1844, p.423).
Prononc. et Orth.: [piʀatʀi]. Att. ds Ac. dep.1694. Étymol. et Hist. 1505 «acte, activité de pirate» (Voyage du capitaine de Gonneville ds Ann. des Voyages... dirigées par Malte-Brun, 1869, t.3, p.74); 1690 (Fur.: Piraterie, se dit aussi des indeuës exactions qui se font en quelque lieu que ce soit [...]); 1970 piraterie aérienne (Le Figaro, loc. cit.). Dér. de pirate*; suff. -erie*. Fréq. abs. littér.: 42.