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PIPELET, -ETTE, subst.
A. − Pop. ou p.plaisant. Concierge, portier. Il venait au bureau le dimanche; et comme le concierge, ce jour-là, mettait à profit ses loisirs pour aller prendre le vermouth avec des cochers du quartier, il lui arrivait de l'attendre des heures, sous le porche glacial de l'immeuble, −payé de sa peine si, à son retour, le pipelet le saluait d'un flatteur: −Ah! ah!... quel bûcheur, ce Monsieur Sainthomme! (Courteline, Ronds-de-cuir,1893, 2etabl., III, p.82).Une concierge distinguée, qui n'a rien de la pipelette d'arrondissement populaire, sort de sa loge (H. Bazin, Vipère,1948, p.207).
B. − P. anal., fam., le plus souvent au fém. Personne excessivement bavarde, curieuse, faisant des commérages. Souesme l'avait fait taire d'un mot: «Assez, la Pipelette!» (...) nous n'entendions plus qu'un brouhaha tranquille (Genevoix, Boue,1921, p.163).M. Richard Fauvet, intellectuel incorruptible, traite publiquement Noël Chérouvier de pipelet humanitaire, de pédagogue au coeur sensible, de bavard intempérant (Duhamel, Cécile,1938, p.82).
Empl. adj. C'est Luc. Le Luc pipelet, qui commence toujours par une salade de balivernes (H. Bazin, Lève-toi,1952, p.211).
Prononc.: [piplε], fém. [-εt]. Étymol. et Hist.1. 1854 «concierge» d'apr. Esn.; 1858 (Larch. qui cite Priv. d'Anglemont: Pipelet. Portier... On dit au féminin pipelette); 2. 1921 «personne bavarde» (Genevoix, loc. cit.); 1952 adj. (H. Bazin, loc. cit.). Empl. comme nom commun de Pipelet, patronyme d'un concierge dans les Mystères de Paris (1842-43) d'Eugène Sue (cf., p.69: «M. Pipelet, le portier, momentanément absent, était représenté par madame Pipelet» et p.265: «C'est vrai ... s'écria aigrement la Pipelet»), mais peut-être empl. antérieurement déjà comme sobriquet (FEW t.8, p.552a), v. aussi Guir. Lex. fr. Étymol. obsc., étant donné qu'il se rattache très bien à la famille de piper, v. piper1. Fréq. abs. littér.: 13. Bbg. Hasselrot 1957, p.194. _Migl. Nome propr. 1968 [1927], p.81, 196.