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PERRUQUIER, subst. masc.
A. − Vx. Celui qui fait des perruques, qui coiffe et rase. Vous n'avez pas d'idée, messieurs, des frais que je fais. Par exemple, j'ai un perruquier libéral pour moi, et le coiffeur des dames légitimistes pour ma femme. Vous comprenez, messieurs, que je pourrais fort bien me faire la barbe (Stendhal, L. Leuwen,t.3, 1835, p.68).Les Perruquiers formaient autrefois une corporation qui jouissait de grands privilèges. À Paris, leur nombre, fixé à 48 par un arrêt du conseil de 1634, fut porté à 200 en 1674. De nos jours, le nom de perruquier est tombé en discrédit et a fait place à celui de coiffeur (Bouillet1859).Mais où la tragédie gagna en horreur, c'est à la rencontre d'un perruquier aperçu sur la place de la Bastille, à la porte de sa boutique. Les émeutiers eurent l'idée de parer cette tête [celle de Mmede Lamballe] déjà souillée de sang et de poussière. Le coiffeur tremblant fut arraché de son échoppe et, terrorisé, menacé de mort, dut procéder, en frémissant, à la lugubre toilette (Stéphane, Art coiff. fém.,1932, p.152).
En appos. Des garçons perruquiers crêpaient en public des perruques de femmes (Hugo, Quatre-vingt-treize,1874, p.118).
Bleu perruquier ou bleu de perruquier. Bleu d'une intensité excessive. [Un monastère] est construit en bois blanc. Chaque année, un artiste du cru élève quelque nouveau pavillon au-dessus de tous les autres, et un peintre de la maison le barbouille en rouge vif ou en bleu de perruquier (About, Grèce,1854, p.279).[Un peintre] voyait du bleu perruquier dans toute la nature et il faisait d'un fleuve un baquet à blanchisseuse (Huysmans, Art mod.,1883, p.106).
P. plaisant. [Dans la lang. mod. et dès le xixes.] Coiffeur. Il est indigné de ce que je porte les cheveux longs et il voulait à toute force, hier, m'entraîner chez un perruquier pour me les faire couper à la mode (Flaub., Corresp.,1842, p.109).Coiffez-le «aux enfants d'Édouard» monsieur Valence. M. Valence, à qui ma mère parlait de la sorte, était un vieux perruquier agile (A. France, Livre ami,1885, p.28).
B. − Celui qui fabrique des perruques et des postiches. Perruquier posticheur. ,,Professionnel, ouvrier complet, capable d'assurer la préparation des cheveux bruts et la confection d'ouvrages en cheveux tels que perruques, postiches et objets divers`` (Mét. 1955).
REM.
Perruquière, subst. fém. et adj. fém.a) Subst. fém. Femme d'un perruquier; ,,ouvrière en perruques`` (Ac. 1935). b) Adj. fém., hapax. Postiche, vieux jeu. La banalité perruquière de ces armes et devise, que j'ignorais, me pénètre d'attendrissement (Bloy, Journal,1894, p.114).
Prononc. et Orth.: [pε ʀykje], [pe-]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1564 (Thierry: Un Perruquier, ou faiseur de faulses perruques). Dér. de perruque*; suff. -ier*. Fréq. abs. littér.: 103.