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PERPÈTE (À), loc. adv. ou adj.
A. − Arg. Être condamné à perpète. ,,Être condamné à la prison à vie`` (Esn. 1966).
Pop. Indéfiniment, très longtemps. Elle me dit: «Je crois que vous pouvez l'attendre à perpète. Elle ne viendra plus. Ah! nos gigolettes d'aujourd'hui!» (Proust, Sodome,1922, p.728).
Empl. subst. fém. Prison à perpétuité. −Alors, Damien, ça va aller, au moins? Qu'est-ce qu'il en pense, votre avocat? −La perpète prévention non comprise, dis-je pour la rassurer (A. Sarrazin, La Cavale,1962ds Rob. 1985).
B. − Pop. À une très grande distance. Courir à perpète. Dans un bled, paumés, à perpète (Marcus, Quinze fables,1947, p.4).
Prononc. et Orth.: [pε ʀpεt]. Rob.: -ète, -ette; Lar. Lang. fr.: -ète. Étymol. et Hist.a) 1836 perpète «perpétuité (en parlant d'une peine de prison)» (Vidocq, Voleurs, t.2, p.17); b) 1891 p.ext. «indéfiniment» (Père Peinard, 20 mars cité ds Sain. Lang. par., p.219); c) 1905 «loin; à une longue distance» (d'apr. Chautard Vie étrange Argot, p.661). Abrév. de (à) perpétuité*. Bbg. Sain. Arg. 1972 [1907], p.49.