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PÉPÈRE, subst. masc. et adj.
I. − Subst. masc.
A. − Fam. Père (vx); grand-père. Vancouver (à sa fille qui veut se marier): C'est donc vrai que tu veux quitter ton petit pépère? Isménie: Écoutez donc, j'ai vingt-quatre ans! (Labiche,Isménie,1853, 2, p.274).
B. − Fam. Homme d'un certain âge; en partic., arg. milit., vieilli et rare, territorial:
. À l'autre bout du cimetière, des territoriaux travaillaient. On s'approcha, sans penser à rien, simplement pour voir: c'étaient des fosses qu'ils creusaient, toute une allée de fosses. En nous apercevant, les pépères avaient cessé de piocher, comme honteux. Dorgelès,Croix de bois,1919, p.260.
C. − Homme ou enfant gros, fort et placide. Clémentine: Oh! qu'il aimait donc bien qu'on le bécote à son coucou, le gros pépère! (Feydeau,Dame Maxim's,1914, ii, 9, p.51).
II. − Adj., pop.
A. − Qui vit tranquille, loin des soucis et des dangers; confortablement installé dans la vie. Un type pépère. Le plus bath, c'est de se tenir pépère de ce temps-ci (Carco,Innoc.,1916, p.153).
Empl. adv. Sans risques. Tu t'offres ça pépère (Esn.1965).
Empl. subst. [Les infirmiers] avaient fait toute la guerre en «pépères», au poste de secours (Vialar,Risques et périls,1948, p.18).
B. − Où l'on est tranquillement et confortablement installé. Un coin pépère. Comme il ferait bon dans une petite prison pépère, que je me disais, où les balles ne passent pas! ne passent jamais! (Céline,Voyage,1932, p.21).
C. − Qui n'est pas astreignant, qui ne présente pas de difficultés majeures. Un boulot, un métier pépère. (Dict.xxes.).
D. − Important par la taille, le format. Il est pépère, celui-là! L'obus fend l'air à mille mètres peut-être au-dessus de nos têtes. Son bruit couvre tout comme d'un dôme sonore. Son souffle est lent; on sent un projectile plus bedonnant, plus énorme que les autres (Barbusse,Feu,1916, p.232).
Prononc.: [pepε:ʀ], [pε-]. Étymol. et Hist.A. Subst. 1. 1834 «père» (Balzac, Eugénie Grandet, p.194); 2. 1909 «grand-père» (Dionne). B. Adj. 1. 1910 «gros, important, remarquable dans son genre» (ds Esn.); 2. 1914 «(d'un lieu) où l'on est tranquille, bien installé» (ibid.); 3. 1916 «qui vit tranquille, loin des dangers» (Esn. Poilu 1919); 4. 1918 «(se dit d'un travail) présentant peu de difficultés» (ibid.). Redoublement enf. de père*. Fréq. abs. littér.: 37.