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PÉON1, subst. masc.
A. − Paysan pauvre ou ouvrier agricole employé à demeure sur une terre, en Amérique centrale et du Sud. Ce muletier-chef était secondé par deux péons indigènes et un enfant de douze ans (Verne,Enf. cap. Grant, t.1, 1868, p.90).Mes péons ramassent les oranges et les cigares (Arnoux, Double chance, 1958, p.28).En fait, les conditions du salariat, pour les péons du Mexique par exemple, ne différaient guère de la servitude (Lefebvre, Révol. fr., 1963, p.10).
B. − TAUROM. Aide du matador. Salvador Vinarès est à Séville. C'est mon ami. Il sera enchanté de toréer pour le duc. Et, à côté de lui, vous travaillerez avec autant de sécurité qu'à côté du Bomba lui-même. Vinarès! un des meilleurs péons d'Espagne (Montherl., Bestiaires, 1926, p.507).
REM.
Péonage, subst. masc.Économie agricole fondée sur l'emploi de péons. À la hacienda Hermanas, il y a 150 péons. Le service de ces péons est loué en même temps que la terre à laquelle ils sont attachés. Sur quelques haciendas, il y a plus de 1.000 péons. Ce système de péonage est un des traits les plus caractéristiques de la constitution du Mexique. (Trad.:Saint-Louis Republican, in Annales maritimes et coloniales, t.103, 1847, p.319 ds Quem. DDL t.12).
Prononc. et Orth.: [peɔ ̃]. Plur.: des péons. Plur. esp. ds T'Serstevens, Itinér. esp., 1933, p.206: trois peones. Étymol. et Hist.1. 1836 «paysan pauvre (qui n'a pas de cheval), journalier, manoeuvre agricole, pâtre en Amérique du Sud» (Th. Pavie in Revue des deux mondes, 1erjuin, p.618 d'apr. Quem. DDL t.20); 2. 1926 taurom. (Montherl., loc. cit.). Empr. à l'esp. peon «journalier» (xviies. ds Al.), anciennement «soldat à pied» (doc. de 1100 d'apr. Cor.-Pasc.), du b. lat. pedo, pedonis «piéton, fantassin», qui a donné directement l'a. fr. peon «fantassin» (v. pion2). Fréq. abs. littér.: 25. Bbg. Quem. DDL t.20. _Rupp. 1915, p.70.