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NYMPHÉE, subst. masc.
ANTIQ. GR. et ROM. Lieu consacré aux nymphes, constitué généralement par une grotte naturelle ou artificielle où coule une source; en partic. fontaine monumentale; édifice bâti autour d'une fontaine ou d'un bassin, richement décoré de statues, dédié aux nymphes, et servant de lieu de réunion ou de repos chez les Romains. Dans presque toutes les maisons de plaisance des anciens, il y avait des nymphées, qui servaient ordinairement de bains (Ac.1835-1935).Les bassins plus enfoncés dans le sol prennent le nom de nymphées; ils sont parfois accompagnés de portiques sous terrasses, de salles fraîches (Guadet, Archit., t.4, 1901-04, p.181).Je l'imaginais [l'aqueduc], celui-là même qui portait à Carthage les eaux limpides du nymphée (Gide, Si le grain, 1924, p.555).
P. anal. Bassin. Moi, je cherche un brochet pour nettoyer le petit nymphée, où les grenouilles frayent un peu trop (Sand, Corresp., t.5, 1864, p.37).
Rem. Genre fém., encore attesté ds Ac. 1835, Littré, et chez des aut.du xxes.: Les verres, sur le marbre, tenaient une onde verte, qu'on eût dit puisée dans la nappe émeraude d'un billard, bassin de cette nymphée (Valéry, Variété II, 1929, p.159).
Prononc. et Orth.: [nε ̃fe]. Att. ds Ac. dep.1762. Étymol. et Hist. 1732 (Trév.: Nymphée... Bâtiment; édifice qui renferme des grottes et des fontaines, où il y a plusieurs Nymphes... Il y avoit des Nymphées à Rome, à Constantinople et ailleurs). Empr. au lat. nympheum «fontaine consacrée aux muses» (gr. ν υ μ φ α ι ο ν «lieu consacré aux nymphes»); cf. 1688 nymphaeum (Journal des Savants, p.171), 1840 nymphéum (Ac. Compl. 1842). Bbg. Archit. 1972, p.182.