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NEUVAINE, subst. fém.
A. − Exercices de piété que l'on répète pendant neuf jours consécutifs pour obtenir une grâce particulière ou pour honorer Dieu, un saint. Je ferai chaque année deux neuvaines en l'honneur de l'Esprit-Saint: la première de l'Ascension à la Pentecôte; méditations sur l'Esprit-Saint, la plume à la main (Dupanloup, Journal, 1852, p.152).Nous allons commencer la neuvaine à Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus (Malègue, Augustin, t.2, 1933, p.237):
. On me parlait d'une fillette d'une douzaine d'années qui, dans son désespoir d'être une fille, venait de faire une neuvaine [it. ds le texte] pour devenir un garçon. Goncourt, Journal, 1893, p.373.
SYNT. Accomplir une neuvaine, faire une neuvaine pour le rétablissement, la guérison, la santé de qqn, pour l'âme de qqn, en l'honneur d'un saint; dire des neuvaines.
Neuvaine + compl. prép. spécifiant la nature des actes de piété.Depuis quelque temps, triste santé. (...) J'ai eu recours à saint Joseph et à la sainte Vierge. Neuvaine de prières, puis méditations (Dupanloup, Journal, 1856, p.186).Une neuvaine de messes est commandée à un curé qu'on informe vaguement d'un avantage temporel à obtenir. Le dixième jour, la dévote vient pour une messe d'action de grâces que le saint, paraît-il, a rudement gagnée. −Un parent, dit-elle, dont je devais hériter est crevé hier, juste au moment où finissait la dernière messe (Bloy, Journal, 1902, p.139).
B. − Rare. Les neuf Muses. Synon. novénaire (rem. s.v. neuf).Les Neuf Muses! aucune n'est de trop pour moi! Je vois sur ce marbre l'entière neuvaine (Claudel, Gdes odes, 1910, p.222).
Prononc. et Orth.: [noevεn]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Fin xiiies. nofaine subst. fém. «groupe de neuf personnes» (Geoffroi Gaimar, Hist. des Anglais, var. ms. R, éd. A. Bell, 4820), employé surtout pour désigner les neuf Muses; qualifié de «burlesque» dep. Rich. 1680; 2. 1377-78 relig. nouvenne (Comptes, I, 195 ds L'Hôtel-Dieu de Paris, éd. E. Coyecque, t.1, p.109, note 3); 1475 neufvaine (Evangiles des quenouilles, éd. Bibl. Elzév., p.71). Dér. de neuf1*; suff. -aine, v. -ain2. Cf. l'adj. novain, novaine att. de la fin du xiies. (ca 1175, Chron. Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 43754; ca 1165, Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 15197) au xvies. ds Hug. Fréq. abs. littér.: 110.