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MINERVE1, subst. fém.
A. − Statue, oeuvre picturale représentant la déesse latine de la sagesse et de l'intelligence:
1. Un Florentin, homme du peuple, montrait aux étrangers une Minerve qu'il appelait Judith, un Apollon qu'il nommait David, et certifiait, en expliquant un bas-relief qui représentait la prise de Troie, que Cassandre était une bonne chrétienne. Staël, Corinne, t.3, 1807, p.285.
P. anal. Femme attirante par sa beauté et souvent réputée pour son savoir. Les jeunes filles en feraient des guirlandes destinées à leur parure; elles s'exerceraient ensuite à les dessiner et à les broder, d'après quelques bons modèles et les conseils de leur mère, ou, à son défaut, de quelque minerve du voisinage (Bern. de St-P., Harm. nat., 1814, p.111).− Dieu, reprit-il, mit le remède dans le mal. Un jour je trouvai cette minerve, affamée de force idéale, en tête à tête avec mon domestique, et dans une situation qui m'obligea à me retirer discrètement pour ne pas les faire rougir (Baudel., Poèmes prose, 1867, p.191).
P. méton., vx et fam. Esprit, cerveau. Mais alors j'avais vingt-trois ans! vingt-trois ans, et un calme, une «minerve» à toute épreuve, et un pouls entre 70 et 80 (Larbaud, Journal, 1932, p.270):
2. Censeurs que le génie énerve, Exerçant leur sombre minerve Sur des chefs-d'oeuvre indiscutés, Pour, avec leur loupe risible, Y trouver une erreur possible, Sans s'attarder à leurs beautés. Ponchon, Muse cabaret, 1920, p.218.
B. − CHIR. Appareil orthopédique destiné à maintenir la tête en extension et en rectitude. Ma mère m'a raconté, continua MmeDarembert, que dans les pensionnats de son temps l'usage était de mettre aux jeunes filles une sorte d'armature qui leur tenait non seulement le dos, mais la nuque. C'était pour donner un beau port, disait-on, et cela s'appelait une minerve (Lacretelle, Hts ponts, 1932, p.30).
Prononc. et Orth.: [minε ʀv̥]. Att. ds Ac. 1835, 1878. Étymol. et Hist. 1. a) 1564 «intelligence, explication» (Rabelais, Cinquiesme Livre, éd. Ch. Marty-Laveaux, chap.42, p.159); b) 1626 «tête, cervelle, intelligence» (A. d'Aubigné, Lettres d'affaires personnelles ds Œuvres, éd. E. Réaume et F. de Caussade, t.1, p.324); 2. 1840 méd. (Ac. Compl. 1842). Emploi comme nom commun de Minerva, déesse romaine de l'intelligence et de la sagesse.
DÉR.
Minervien, -ienne, adj.Qui se rapporte à Minerve, la déesse romaine de la sagesse et de l'intelligence. Déplacés et ridicules la morale bourgeoise du nord protestant, les gens à vie pure et leurs livres propres; déplacé même le génie minervien de l'Italie (Larbaud, Barnabooth, 1913, p.299). [minε ʀvjε ̃], fém. [-jεn]. 1resattest. 1832 minerviens (subst. masc. plur.) «nom qu'on donnait aux Athéniens, comme protégés par Minerve» (Raymond), b) 1840 adj. «qui appartient à Minerve» (Ac. Compl. 1842); de Minerve (minerve1), suff. -ien*, cf. au xvies., la forme minervin (Hug.).