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MURÈNE, subst. fém.
ICHTYOL. Poisson apode appartenant à l'ordre des Physostomes (s.v. physo-), au corps mince et allongé pouvant atteindre un mètre cinquante, carnassier, à la morsure dangereuse, vivant au large des côtes méditerranéennes et dont la chair était très estimée par les Romains. On connaît la cruauté de Vadius Pollion, qui nourrissait des murènes avec les corps des esclaves qu'il faisait mourir (Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 90).Les Romains appréciaient beaucoup le poisson et pour avoir des produits de grande fraîcheur ils construisaient des viviers d'eau marine où étaient élevées et engraissées des murènes et des lamproies (A. Boyer, Pêches mar.,1967, p. 6).
P. métaph., péj. Vous appelez cela une femme? Une murène! Une vipère! (Claudel, Choéphores,1920, p. 942).
Prononc. et Orth. : [myʀ εn]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. Ca 1100 judéo-fr. morayne (Gloses de Raschi, éd. A. Neubauer ds Rom. St. t. 1, 1871-75, p. 168, 105); ca 1265 murene (Brunet Latin, éd. J. Carmody, I, CXXX, 9, p. 128 et I, CXLIII, 2, p. 135); 1505 murene (Desdier Christol, Platine en françoys, fol. 89 roa d'apr. R. Arveiller ds Mél. J. Séguy, p. 74). Empr. au lat. mŭraēna « murène »; la forme pop. moreine (cf. moreine, moraine, Brunet Latin, op. cit., éd. P. Chabaille, p. 184 et 194) suppose un lat. mŭrēna. Fréq. abs. littér. : 52.