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MÉTEIL, subst. masc.
AGRON. Mélange de froment et de seigle, semés ensemble dans un même champ que l'on moissonne en même temps; p. méton., grain récolté, farine qu'on en tire. Pain de méteil. Le sarrasin ne pouvait plus être la nourriture de cette population (...), je désirais la faire passer d'abord au régime du seigle ou du méteil (Balzac, Méd. camp., 1833, p. 42).Tant qu'il fut possible de faire pousser entre les pierres quelques-unes de ces récoltes de seigle ou de méteil qu'on voit encore à moitié verts à la fin d'août (Vidal de La Bl., Tabl. géogr. Fr., 1908, p. 194).Les champs de méteil et les champs de maïs étaient devant ses yeux une nappe d'autel (Péguy, Ève, 1913, p. 715).
En appos. avec valeur d'adj. Comme il était en train de faire la moisson de son blé méteil (Arène, Contes Paris, 1887, p. 205).
REM.
Passe-méteil, subst. masc.,,Blé dans lequel il y a deux tiers de froment contre un tiers de seigle`` (Ac.).
Prononc. et Orth.: [metεj]. Ac. 1718: meteil, mes-, dep. 1740: mé-. Étymol. et Hist. [xiiies. (ms.), le dér. en -on*: mestilun (Jean de Garlande, Dictionarius, éd. A. Scheler ds Jahrbuch für rom. und engl. Lit. t. 6, 1865, p. 301); 1291 mestillon (Cart. de Namur ds Du Cange, s.v. mestillium)] xves. mesteil (Journal d'un bourgeois de Paris, éd. A. Tuetey, 1437, § 728, p. 337: car blé valloit .V. frans et demy, qui n'estoit que mesteil); 1491 (doc. Arch. Vienne ds Gdf. s.v. mesteillon); 1600 meteil (O. de Serres, Theatre d'agriculture, éd. Genève, 1611 108); 1624 mesteil confirmation par Maurice [de Sully?] évêque de Paris, d'une charte de Hervé de Montmorency [ca 1070] (A. Duchesne, Hist. de la maison de Montmorency, 1624, 2epartie, Preuves, p. 36). D'un lat. vulg. *mistilium proprement «mélange», dér. de mixtus (part. passé de miscere «mélanger») devenu mistus, par l'intermédiaire d'un adj. *mistilis (celui-ci formé sur le modèle de coctus-coctilis, fissus-fissilis; v. Thomas Essais, p. 79); cf. d'autres dér. synon.: a. fr. mestoil (1260 ds Gdf. Compl.), mestuel (1260 ds T.-L.)., mestau (1282 ds Gdf. Compl.), mestueil (1328-30, Vers du Monde ds A. Jubinal, Nouv. rec., t. 2, p. 127). Cf., du point de vue sém., le lat. médiév. mixta [annona] synon. de frumentum, viies. d'apr. J. Pirson ds Mél. Wilmotte, p. 520. Bbg. Guillaume (G.), Chauveau (J.-P.). Méteil «mélanges de grains».. R. de l'Univ. cath. de l'Ouest. nouv. sér. 1974, no1, pp. 38-68.