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MESSER, subst. masc.
Vx. Synon. de messire, seigneur.Pour envoyer aux enfers messer Claudio le juge, que je deteste (Musset, Caprices Mar., 1834, ii, 1, p. 146).Léonard de Vinci, enfant naturel d'un messer Pietro, notaire de la République, naquit en 1452 (Gautier, Guide Louvre, 1872, p. 199):
. Avez-vous remarqué qu'à un certain degré l'infamie devient presque drôle? Ou la mesquinerie. Quelqu'un qui m'appelait il y a deux mois: «Mon cher ami», et qui m'appelle maintenant «Messer», sans qu'il y ait eu la moindre pique entre nous, sans que j'aie en rien démérité, simplement parce que je ne suis plus en faveur auprès du Pape... Montherl., Malatesta, 1946, III, 3, p. 488.
[En poésie marotique] Messer gaster. L'estomac. (Ds Ac. 1835-1935, Lar. 19e-20e, Guérin 1892, Rob.).
Prononc. et Orth.: [mεsε:ʀ], [me-]. Att. ds Ac. dep. 1798. Étymol. et Hist. 1. xiies. titre d'honneur, texte fr.-ital. [région piémontaise] me ser (W. Foerster, Gallo-italische Predigten ds Rom. St. t. 4, p. 3, 36 et p. 4, 55), ex. isolé; 2. 1466 péj. un grant missaire «un grand monsieur» (P. Michault, Doctrinal, éd. H. Walton, X, 523, p. 24); 1542 [éd.] titre donné par dérision signor missayre (Rabelais, Pantagruel, VI, éd. V. L. Saulnier, p. 33); 1549 ce messere loup (Fr. Habert, trad. d'Horace, II, 2 ds Hug.); 3. a) ca 1500 un messaire désigne un Italien (Dicté joyeux d'apr. M. Schwob ds R. Ét. rab. t. 1, p.71); b) 1546 titre donné à un Italien (Rabelais, Tiers Livre, XIX, éd. M. A. Screech, p. 141: feu en Eugube [Gubbio] un nommé messer Nello de Gabrielis). Empr. à l'ital. messere «monsieur», att. dep. le xiiies. comme titre exprimant le respect donné à une personne, ou employé devant un nom propre de personne (Batt.); l'ital. est prob. empr. à l'a. fr. mes sire, messire*, par l'intermédiaire de l'a. prov. que l'on trouve attesté en 1283 (mes sire d'apr. C. Fabre ds Arch. rom. t.4, 1920, p.53, note4; cf. dès la fin du xiies. l'a. prov. sire, sira, cira ds Daurel et Breton, éd. P. Meyer, 262, 12, 292, venu du fr.); l'a. prov. messer, qui semble désigner exclusivement des nobles italiens (fin xiie-début xiiies., Bertran de Born, éd. A. Thomas, XXII, 3: Messers Conratz [Conrad de Montferrat); fin xiie-1erquart xiiies., Peire Raimon de Tolosa, éd. A. Cavaliere, XIV, 47: Miser Conrat [Corrado Malaspina, noble italien]; fin xiie-début xiiies., Peire Vidal, éd. J. Anglade, XXXV, 18: car messier [dit par une dame de Lombardie]) est, lui aussi, d'orig. italienne. Fréq. abs. littér.: 25. Bbg. Hope 1971, p.210. _ Kohlm. 1901, p.50. _ Wind 1928, p.180, 206.