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MÉPRISABLE, adj.
A. − Digne d'être méprisé, digne de mépris, estimé moralement condamnable. Anton. estimable.Une action méprisable (Ac.1935).On s'efforce de la rendre odieuse et méprisable au peuple, espérant, par ces moyens, s'en délivrer peu à peu sans secousse (Lamennais,Religion,1825, p. 105).Elle lui répugnait depuis qu'il connaissait sa manière de vivre, il la jugeait méprisable entre toutes (Huysmans,Marthe,1876, p. 118):
1. Dans la mesure où il ne pourvoit pas, par quelque besogne servile, à la subsistance commune, sa désertion contribue à donner à l'homme un destin méprisable. G. Bataille,Exp. int.,1943, p. 67.
B. − Qui n'est pas digne d'attention, d'intérêt. Anton. intéressant, remarquable.Il se moquait de l'orthographe comme d'une chose méprisable (A. France,Bergeret,1901, p.106):
2. − «Je me suis trouvé là, par des témoignages certainement sincères, en contact avec des intelligences pour lesquelles la science est une chose aussi méprisable qu'elles-mêmes sont méprisables pour la science (...)» Bourget,Actes suivent,1926, p. 6.
REM.
Méprisablement, adv.D'une manière qui suscite le mépris. Je vis, avec un sentiment d'étonnement et d'horreur, qu'elle s'était méprisablement donnée (Restif de La Bret.,M. Nicolas,1796, p. 157).10 juillet. Aux yeux des partisans obstinés, ceux-là paraîtront «opportunistes», honteusement et méprisablement, qui (...) ont surtout horreur du désordre et ne revendiquent guère d'autres droits que celui de penser et d'aimer librement (Gide,Journal,1939, p. 37).
Prononc. et Orth.: [mepʀizabl̥]. Ac. 1694: me- en vedette, mé- dans le texte; 1718: mes-; dep. 1740: mé-. Étymol. et Hist. 1504 «qui inspire le mépris» (J. Lemaire de Belges, La Couronne margaritique ds Œuvres, éd. J. Stecher, t. 4, p. 122); 1671 «négligeable, sans importance» (Pomey). Dér. de mépriser*; suff. -able*. Fréq. abs. littér.: 396. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 782, b) 333; xxes.: a)614, b) 467.