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MELLIFLU, -UE, adj.
A. − Vx et rare. Qui distille le miel. (Dict. xixeet xxes.).
B. − Au fig., littér., vieilli
1. Qui a la douceur du miel. Dans sa personne, il régnait un air digne et affable, et le son de sa voix doux et melliflu captivait (Borel, Champavert, 1833, p.134).Ce serait une barbarie (...) d'adapter cette espèce de muselière ou caveçon à une bouche si fraîche, si rose et si melliflue (Gautier, Fracasse, 1863, p.370).
2. Péj. Qui est fade, doucereux. D'une voix flûtée, interrompue par une petite toux sèche, il commence en style melliflu une homélie qui dure trois heures (Musset, Lettres Dupuis Cotonet, 1837, p.523).
Prononc. et Orth.: [mεl(l)ifly] et [meli-]. Ac. 1935: ,,Melliflue, adj. des deux genres``, cf. aussi Littré, DG, Rob. mais Lar. Lang. fr.: ,,Melliflu, -e ou melliflue (selon l'Acad.)``. Docum. masc. melliflu (Borel, loc. cit. et Musset, loc. cit.). Étymol. et Hist. 1. 2emoitié du xves. au fig. «qui a la suavité du miel» (J. Robertet ap. G. Chastellain, Œuvres, éd. Kervyn de Lettenhove, t.7, p.180); 2. 1653 cohorte melliflue «les abeilles» (Scarron, Le Virgile travesti, vii, 268b ds Richardson), emploi isolé; 1803 melliflue «qui distille le miel» (Boiste); 3.1803 «doucereux, fade» (ibid.). Empr. au b. lat. mellifluus «qui a la suavité du miel» (ca 300 ds TLL), proprement «d'où coule le miel» (av. 387, Avien, ibid.). Bbg. Grevisse (M.). Fausses règles, règles douteuses. R. rom. 1973, t.8, pp.58-59.