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MÉCONNAISSANCE, subst. fém.
A. − [Correspond à méconnaître A 2] Action de méconnaître, d'ignorer quelque chose, de ne pas apprécier quelque chose à sa juste valeur; résultat de cette action. Méconnaissance de la réalité de la situation. Elle ne savait comment qualifier une pareille méconnaissance de ses bonnes intentions, et se déclarait avec dépit qu'elle n'était pas appréciée autant qu'elle l'avait cru (Gobineau, Pléiades, 1874, p.287).Extraordinaire méconnaissance de la qualité des mots et des exigences de la syntaxe (Gide, Journal,1914, p.432).
Rem. On relève un emploi au sens de «action de rendre méconnaissable»: Le père François Catrou (...) a massacré, tripatouillé, remanié jusqu'à la méconnaissance le texte qu'il publiait (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p.15).
B. − [Correspond à méconnaître B 2] Action de ne pas reconnaître le mérite, la valeur de quelqu'un, de ne pas apprécier quelqu'un à sa juste valeur; résultat de cette action. L'homme de génie pour s'épargner les méconnaissances de la foule se dit peut-être que, les contemporains manquant du recul nécessaire, les oeuvres écrites pour la postérité ne devraient être lues que par elle (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p.531):
−. Je l'admirais [Racine] comme je pouvais, en homme qui en avait fait la découverte trente ans après ses études, à l'occasion de quelques minuscules et immenses problèmes de l'art des vers (...). Je ne regrette pas cette longue méconnaissance et cette reconnaissance tardive. Valéry, Variété IV, 1938, p.42.
Prononc. et Orth.: [mekɔnεsɑ ̃:s], [-ne-]. Ac. 1694 et 1718: mesconnoissance; 1740-1798: méconnoissance; dep. 1835: méconnaissance. Étymol. et Hist. 1. 1176-81 «ignorance» (Chrétien de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 6270); 2. ca 1470 «action de ne pas reconnaître la valeur de quelqu'un» (G. Chastellain, Chronique, IV, éd. Kervyn de Lettenhove, t.3, p.294); 3. ca 1500 «manque de reconnaissance, ingratitude» (Commynes, Mém., éd. J. Calmette, t.1, p.252). Dér. de connaissance*; préf. mé-*. Fréq. abs. littér.: 98.