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MARCHANDAGE, subst. masc.
Action de marchander.
A. − Vieilli, TRAV. PUBL., DR. DU TRAV. Acte par lequel un sous-entrepreneur acceptait, après discussion sur le prix, de fournir de la main d'oeuvre à une entreprise chargée de l'exécution de certains travaux, recevant en échange une commission prélevée sur le salaire des ouvriers:
1. Un instant, Maheu eut peur de ne pouvoir obtenir un des quarante marchandages offerts par la compagnie. Tous les concurrents baissaient, inquiets des bruits de crise, pris de la panique du chômage. L'ingénieur Négrel ne se pressait pas devant cet acharnement, laissait tomber les enchères aux plus bas chiffres possibles, tandis que Dansaert, désireux de hâter encore les choses, mentait sur l'excellence des marchés. Zola, Germinal,1885, p. 1258.
Rem. Pratique abrogée par le décret du 2 mars 1848: L'exploitation des ouvriers par des sous-entrepreneurs ou marchandage est interdite, texte repris par le Code du Travail, loi du 25 mars 1919, art. 306 (cf. Code du Travail, t. 1, p. 14).
B. − Souvent au plur. Discussion engagée avec un marchand pour tenter de lui faire baisser le prix de sa marchandise. Il se perdit aussitôt dans la foule criarde et lente, agitée par les interminables marchandages (Maupass.,Contes et nouv.,t. 1, Fic., 1883, p. 124):
2. ... elle s'entendait mal avec ses professeurs, préférait de beaucoup la boutique maternelle, les bavardages avec fournisseurs et clients, les manipulations, les discussions, les marchandages, tout ce trafic vivant... Van der Meersch,Invas. 14, 1935, p. 75.
P. ext., péj. Discussion âpre et laborieuse avec un interlocuteur pour tenter d'obtenir de lui un avantage. Au fig. Ergoter avec sa conscience, chicaner sur ses plaisirs; ces marchandages m'écoeuraient (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p.138).
Prononc. et Orth.: [maʀ ʃ ɑ ̃da:ʒ]. Att. ds Ac. dep. 1878. Étymol. et Hist. 1. 1848 «contrat par lequel un sous-entrepreneur s'engage à faire effectuer un travail par une main-d'oeuvre recrutée par ses soins, sans fournir aucun des matériaux» (Décret du 2 mars 1848, repris par le Code du Trav., I, art. 30b ds Rob.); av. 1872 «action de marchander» (Th. Gautier ds Lar. 19e). Dér. de marchander*; suff. -age*. Fréq. abs. littér.: 105.