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LIVRESQUE, adj.
A. − Rare. Qui se rencontre dans les livres. L'étude rationnelle des écritures livresques du Moyen Âge (L'Hist. et ses méth.,1961, p. 590).
B. − Péjoratif
1. Qui se fonde sur les livres au détriment de l'expérience.
a) [En parlant d'une pers.] À propos de Goncourt, dans ces jours de la maladie de Léon, Alphonse Daudet me dit : « C'est fini. Cette amitié-là est finie. Je n'y ai plus de plaisir. Vieillard livresque, amitié de papier! (...) » (Barrès, Cahiers, t. 1, 1896, p. 75).
Emploi subst. Les normaliens ce sont des livresques (Thibaudet, Hist. litt. fr.,1936, p. 413).
b) [En parlant d'un inanimé] Anton. concret, pratique, réel, vécu.Savoir, science livresque. On sait bien du reste qu'une éducation toute livresque ne fera jamais que des primaires, des demi-barbares (Bremond, Hist. sent. relig., t. 4, 1920, p. 254).Au vrai naturaliste, la connaissance livresque ne peut suffire; il n'a que faire des interprètes (Gide, Journal,1927, p. 843).
2. Qui manque de naturel.
a) [En parlant d'une pers.] Synon. pédant :
Et comme elle était un peu livresque dans son langage : « Tout de même, ajouta-t-elle à mi-voix, il me semble que, si j'habitais chez les autres, j'aurais quelque vergogne à tout changer ainsi (...) » Proust, Sodome,1922, p. 923.
b) [En parlant d'un inanimé] Synon. artificiel, factice, pédant.Le dialogue de Jane Eyre est un dialogue de roman, non un dialogue de théâtre; il est livresque, éloquent, aussi peu naturel que possible (Green, Journal,1936, p. 70).
REM. 1.
Livresquement, adv.,hapax. Plus peuple cependant à sa manière, plus près de la sève, du bouvier et du maquignon que bien de mes amis fort livresquement démocrates (Arnoux, Algorithme,1948, p. 129).
2.
Livrier, adj. masc.,rare et vx. Synon. de livresque.Il est un style livrier, qui sent le papier et non le monde, les auteurs et non le fond des choses (Joubert, Pensées, t. 2, 1824, p. 73).
Prononc. : [livʀ εsk]. Étymol. et Hist. 1. Ca 1590 « qui vient des livres, purement littéraire » (Montaigne, Essais, I, XXVI, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 152); 2. ca 1590 « relatif aux livres » (Id., ibid., II, XVII, p. 657). Mot introduit dans la lang. par Montaigne. Dér. de livre1*; à l'aide du suff. -esque* (formé directement de l'ital.) en usage chez les aut. fr. du xvies. (cf. p. ex. chez Montaigne, les adj. basteleresque, farcesque, poltronesque... ds Voizard, Ét. sur la lang. de Montaigne, p. 241-242). Fréq. abs. littér. : 55. Bbg. Quem. DDL t. 15.