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LUBIE, subst. fém.
Idée extravagante, déraisonnable ou capricieuse, généralement soudaine et passagère. Synon. caprice, fantaisie, folie, toquade (fam.).Lubie d'enfant gâté, de pochard. Bonaparte n'est plus le vrai Bonaparte, c'est une figure légendaire composée des lubies du poète, des devis du soldat et des contes du peuple (Chateaubr., Mém.,t. 2, 1848, p. 652).Elle a répété dix fois, vingt fois, qu'elle voulait entrer au couvent (...). Que pensez-vous de cette nouvelle lubie? (Zola, Fécondité,1899, p. 414).Madame a renoncé à sa voiture : c'est sa dernière lubie (Mauriac, Désert am.,1925, p. 68):
Quelquefois des lubies le prennent tout à coup et il les attribue au ver solitaire : « Il veut cela » et de suite Louis obéit. Dernièrement il a voulu manger pour trente sols de brioche... Flaub., Corresp.,1853, p. 152.
Lubie + compl. prép. désignant un comportement.La princesse Metternich est un composé assez bizarre d'enfant gâté, de lorette, de grande dame (...). De temps en temps il lui prend des lubies d'impertinence, même avec LL. MM. (Mérimée, Lettres Ctessede Montijo,t. 2, 1861, p. 188).
Loc. verb. Être dans ses lubies (rare). Quand une fois il est dans ses lubies, il n'y a plus moyen de le contenter; il gronde sur tout (Leclercq, Prov. dram.,Humoriste, 1835, i, p. 399).
Prononc. et Orth. : [lybi]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1636 « trouble, embarras » (David Ferrand, Muse normande, éd. A. Héron, t. 2, p. 138); 1642 « caprice » (Oudin Fr.-Ital. : lubie, fantasticheria). Orig. obsc. Peut-être création sav. d'apr. le verbe impers. lat. libet, lubet « il plaît », finale -ie d'apr. fantaisie, envie (v. EWFS2). Serait à rapprocher de l'a. fr. lubauwe, lubave « fantaisie, bizarrerie » ca 1270, Chansons et dits artésiens du XIIIes. éd. A. Jeanroy et H. Guy, II, 53 et XXIV, 13 (v. FEW t. 5, p. 427 et Bl.-W.). Selon une autre hyp., lubie serait un empr. à l'ital. ubbia « préjugé; lubie » (xives. ds DEI) (cf. Romania t. 4, p. 499, mais v. cependant Romania t. 27, p. 502; REW3no6026; DEI, s.v. ubbia). Fréq. abs. littér. : 115. Bbg. Sain. Sources t. 1 1972 [1925] pp. 311-312.