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LINTEAU, subst. masc.
A. −
1. Traverse horizontale de bois, de pierre ou de métal, formant la partie supérieure d'une porte, d'une fenêtre et qui soutient la maçonnerie. Un linteau de marbre noir, merveilleusement sculpté au-dessus de la porte (Lamart., Nouv. Confid.,1851, p. 23).Une seule fenêtre, pittoresque d'ailleurs, dont un pilier roman soutenait le linteau (Daniel-Rops, Mort,1934, p. 139).
ARCHIT. RELIG. Traverse horizontale située entre le portail et le tympan. Un solide pied-droit isolé portant [une statue] (...) occupa le milieu de la porte [des portails gothiques], pour soutenir le linteau qui séparait le vide et le tympan (Lenoir, Archit. monast.,1856, p. 219).Quelques portails sont décorés, la plupart possèdent le curieux linteau pentagonal particulier à l'école auvergnate. Ce linteau ne porte que rarement un tympan décoré, sculpté sous un arc en plein cintre (Guide Michelin, Auvergne, Paris, 1976, p. 30).
2. Traverse horizontale située notamment dans l'épaisseur d'un mur, au-dessus d'une colonnade, pour étayer un point faible. De ces colonnes à la pile L nous poserons deux linteaux de pierre M, le second formant sommier des grands arcs-doubleaux N. Nous pourrons évider la jouée au-dessus de ces linteaux (Viollet-Le-Duc, Archit.,1872, p. 38).
B. − Traverse horizontale située à la partie supérieure d'une cheminée et supportant le manteau. Des linteaux en fer sur lesquels repose un manteau en plâtre qui complète l'ossature de la cheminée (Ser, Phys. industr.,1890, p. 768).Il appuya l'avant-bras sur le linteau de la haute cheminée (Vercors, Silence mer,1942, p. 35).
Prononc. et Orth. : [lε ̃to]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1175-80 lintel « seuil » (Renart, éd. M. Roques, 15123); 2. mil. xiiies. id. « pièce horizontale formant la partie supérieure d'une porte » (Du segretain ds Recueil gén. des fabliaux, éd. A. de Montaiglon et G. Raynaud, t. 5, p. 131, 485) 1489 licteau, luyteau (doc. ds Du Cange, s.v. lintellus). Issu, par substitution du suff. -el* (< -alem), de l'a. fr. linter (ca 1250 agn. Hist. abbaye de Fécamp, 3240 ds T.-L.) dér. du b. lat. limitaris « seuil, entrée » (vies., Loi salique, éd. K.A. Eckhardt, 58, § 2, p. 218), substantivation, avec attraction sém. de limen « seuil, pas » [limen inferum] et « linteau [limen superum] de la porte d'entrée », de l'adj. lat. limitaris « relatif à la limite, à la frontière », dér. de limes, -itis, v. limite; cf. M. Pokrowskij ds Arch. Lat. Lexicogr. t. 15, 1908, p. 577. La forme linteau par attraction des mots en -el (< -ellum), -eau, v. Nyrop t. 3, § 207 2o. Cf. les autres dérivés a. fr. : lintier (suff. -ier*) ca 1200 « seuil » (Homélie sur Ezéchiel, 35, 35 ds T.-L.) lintueil, (d'apr. seuil*) « linteau de porte » fin xiiies. (Guiart, Bible, Ex. XXII ds Gdf.). Fréq. abs. littér. : 58. Bbg. Archit. 1972, p. 96. - Delb. Matér. 1880, p. 190.