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LIERNE, subst. fém.
A. − ARCHIT. Nervure de certaines voûtes gothiques reliant le sommet des tiercerons à la clef des arcs. Les deux liernes forment une croix dont la clef est le centre (Jossier1881).On prévoyait [en 1900] une sorte de « néo-flamboyant », une espèce de gothique fleuri, tout un art de forgerons et de batteurs de fer, qui égalerait la luxuriance du plateresque espagnol, des liernes et des pendentifs des voûtes Tudor (Gillet, Art fr.,1938, p. 195).
B. − CHARPENT. Pièce de bois ou de métal servant à relier d'autres pièces (solives d'un plancher, chevrons courbes d'un dôme, pieux d'une palée) pour consolider l'assemblage. Dans le sens longitudinal, les palées sont espacées de 3 m d'axe en axe et on les relie par des liernes longitudinales soigneusement contre-ventées (Bourde, Trav. publ.,1929, p. 227).
Prononc. : [ljε ʀn̥]. Étymol. et Hist. 1. 1296 charpent. « pièce de bois transversale servant à relier et à maintenir les pieux d'une palée [construite au port de Grève sur la Seine] » (doc. ap. É. Boileau, Métiers, éd. Depping, p. xxi), cf. Trév. 1704 : lierne de palée; 2. 1561 charpent. « pièce de bois servant à relier deux pièces de charpente d'un comble » (Delorme, Inventions, fol. 8 vods Quem. DDL t. 4), cf. 1676 (Félibien p. 121 : Liernes. Servent pour les planchés en galetas, et s'assemblent sous les faites d'un poinçon à l'autre); 3. 1568 archit. « nervure de pierre réunissant dans une voûte gothique, le sommet des tiercerons à la clé de voûte » (Delorme, Archit., IV, 8, éd. 1568 ds Gdf. cf. éd. 1576, IV, 8, fol. 107 ro). Se rattache prob. à lier*, mais le procédé de dérivation demeure obscur. Le FEW t. 5, p. 331a, note 35, fait un rapprochement avec luc- (lux, luceo, lucerna), a. fr.-comtois baherne (*batare), etc. (Suff. -erna, peut-être d'orig. étrusque, cf. Ern.-Meillet, s.v. cisterna, lanterna, nassiterna). Bbg. Archit. 1972, p. 110.