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JOLIVETÉ, JOLITÉ, subst. fém.
A. − Vieilli.
1. Rare. Caractère joli de quelqu'un ou quelque chose. Une fois mariée, la femme se fane. Elle n'a plus ni jolité ni coquetterie (Renard, Journal,1896, p. 334).
2. P. méton., gén. au plur. Manifestation, geste joli. Synon. grâce.C'est un aimable enfant, il fait, il dit cent petites jolivetés (Ac.1798-1878).On ne comptait plus ces jolités [de l'évêque bien en cour], ces boutades, les mots vifs (D'Esparbès, Dern. lys,1898, p. 192).La jeune fille qui dansait maintenant avec grâce ondulant, souriant, s'étirant, tournant, faisant mille jolivetés (Arnoux, Abisag,1919, p. 147).
B. − P. méton., gén. au plur. Bibelot. Amateur de jolités. Il a rapporté d'Italie mille petites jolivetés (Ac.1798-1878).Nous allâmes au musée Dusommerard [sic] et je regrettai, dans ce jour du Saint-Esprit, de voir les saintetés antiques mêlées aux jolivetés modernes (Michelet, Journal,1850, p. 102).Le xviiiesiècle curieux venait asseoir ses moments d'oisiveté pour le marchandage des jolités françaises et étrangères (Proust, Temps retr.,1922, p. 710):
Tout en prenant le café nous deviserons de ce qui bon vous semblera; les mille jolités qui meublent mon logis sauront bien nous offrir quelque sujet d'entretien de votre goût. Milosz, Amour. initiation,1910, p. 19.
P. anal., fam, rare. Jolie femme. [Brulfert] la prit par la ceinture et l'enleva (...) Brulfert admirait cette jolité suspendue entre ses mains (D'Esparbès, Soldate,1905, p. 273).
Prononc. et Orth. : [ʒ ɔlivte], [-lite]. Ac. 1694-1878 : -veté; vieilli -ité (supra). Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1170 « légèreté, dévergondage » (M. de France, Lais, éd. J. Rychner, p. 173, 576); b) ca 1180 « indulgence aimable » (Thomas, Tristan, éd. B. H. Wind, 283); c) 1671 « trait d'esprit » (Ch. Corneille, Comtesse d'orgueil, II, 10 ds Littré); 2. ca 1465 jolivetés « objets de parure, choses précieuses » (G. Chastellain, Œuvres, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 4, p. 76). Dér. de jolif, forme anc. de joli*; suff. -eté (-ité*). Bbg. Duch. Beauté 1960, pp. 48-49.