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INFATUATION, subst. fém.
Satisfaction excessive, admiration ridicule qu'une personne éprouve pour ce qu'elle croit être, pour la valeur qu'elle attribue à ce qu'elle fait. Feydeau, toujours l'enfant dont le premier article vient d'être imprimé; une infatuation, une admiration de soi, une satisfaction et un renflement de si bonne foi et si naïvement insolente qu'elle désarme (Goncourt, Journal,1857, p. 333).Quelle que soit mon admiration pour Péguy, cette infatuation qu'il a pour ce qu'il écrit finit par devenir exaspérante à mes yeux (Green, Journal,1949, p. 237).
P. ext. Excessive prétention. Mais le procès Zola a eu, en outre, l'inestimable avantage de (...) dénoncer la redoutable infatuation des pouvoirs militaires, qui prétendent, au nom des défaites passées, s'arroger sur la société civile une suprématie d'incapacité dont les effets ne furent que trop manifestes il y a vingt-huit ans passés (Clemenceau, Iniquité,1899, p. 272).
Prononc. et Orth. : [ε ̃fatɥasjɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1. 1622 « prévention sotte en faveur de quelqu'un » (Garasse, Recherches des recherches, 885 ds Delb., Notes mss); 2. 1836 « fatuité, suffisance » (Quinet, All. et Ital., p. 129). Dér. de infatuer*; suff. -(a)tion*. Fréq. abs. littér. : 57.